Les nocturnes

À l’heure où l’intelligence artificielle se généralise, que peut nous apprendre l’architecture sur les façons d’explorer les milieux numériques et de s’y situer ? Dans le cadre du nouveau postmaster [Architecture]x[Information]x[Invention] (A2i), l’ESAD Orléans et le Frac Centre-Val de Loire proposent quatre rencontres autour d’œuvres issues de la collection, à la croisée de la recherche et de l’actualité. Architectes, historien·nes, chercheur·euses et étudiant·es interrogeront les “résonances” et les “potentialités” de projets architecturaux historiques pour le moment contemporain, entre mutations techniques et transformations atmosphériques. Le temps long de la rencontre et de la conversation avec l’œuvre invite à imaginer une approche architecturale expérimentale des espaces latents, au cœur des modèles d’intelligence artificielle, et de leurs rapports à la mémoire, à l’environnement et aux manières d’habiter le monde.
Cycle de conférences en partenariat avec l’ESAD – École supérieure d’art et de design d’Orléans
Gratuit, sans réservation

Imaginations, fictions, synthèses
Jeudi 1er octobre 2026
« La Ville du globe captif est un lieu tout entier consacré à la conception et à la maturation artificielles des théories, interprétations, constructions mentales et propositions, ainsi qu’à leur mise en application dans le monde. » En 1972, Rem Koolhaas proposait une fiction projectuelle autour de la condition métropolitaine new yorkaise. Cette culture décrite comme artificielle, générique et diffuse semble résonner avec notre condition algorithmique contemporaine. Quelle culture propre cette condition est-elle en train de générer ? Et comment l’architecture peut-elle se la réapproprier ? Quelles fictions et quelles histoires architecturales pour l’imaginer ?

Horizons planétaires
Vendredi 22 janvier 2027
Transformation du climat, crise climatique, pandémies, technosciences, flux marchands globalisés… les enjeux contemporains semblent devoir faire ressurgir le fantasme moderne d’agir à l’échelle planétaire. Les pensées féministes et matérialistes, et les philosophies des communs, nous invitent au contraire à déployer nos savoirs et nos actions de manières situées et locales, en accueillant l’altérité. Comment articuler ensemble ce double impératif ? New Babylon, comme d’autres récits architecturaux historiques, invite à interroger les dynamiques et les entremêlements physiques, politiques, intellectuel.les et sensibles, à de multiples échelles.

Habiter le flou
Jeudi 5 novembre 2026
Dès la fin des années 1960, Andrea Branzi explorait la « liquéfaction » des structures et interrogeait, avec Archizoom, la transformation correspondante de la pensée des architectes, invitant à embrasser l’incertitude comme seule réalité. Le recours massif aux intelligences artificielles et à leurs fonctionnements probabilistes nous plonge dans le flou : les objets qui peuplent le monde ne sont plus précisément définis, situés, et descriptibles causalement. Quelle serait alors la leçon des radicaux ? Le détournement et l’usage critique sont-ils encore opérants à l’heure des plateformes ? L’objet et l’image peuvent-ils être vecteurs de la réinvention de l’architecture ?

Géométries
Jeudi 3 décembre 2026
Dans les espaces latents de l’intelligence artificielle, les données adoptent une certaine géométrie qui peut être décrite par des techniques de réduction de dimensionnalité. L’architecture manipule constamment la géométrie. Comment continuer à le faire dans les milieux numériques, fluctuants ? En art comme en architecture, le XXe siècle a été caractérisé par la recherche de dimensions supplémentaires, par-delà l’espace perceptible. Héritières des premières avant-gardes, les expérimentations de Zaha Hadid ont ouvert la voie à d’autres géométries possibles, ouvrant la voie à d’autres appréhensions architecturales des domaines numériques multidimensionnels.