Marcher dans le rêve d’un autre

  • 13/10/2017 - 01/04/2018

Première édition de la Biennale d’Architecture

Que signifie organiser une biennale d’architecture aujourd’hui ? Que signifie une exposition ?
La conscience qu’une biennale, ou une exposition, n’est jamais de maintenant. Ce n’est surtout pas une liste. Encore moins une démonstration.
A vrai dire, une exposition d’œuvres d’architectes et d’artistes, pas plus que les œuvres elles-mêmes, n’a rien à dire. C’est peut-être :
Un espace de nostalgie.
Un lieu pour les regrets.
Un polyptique des absences.
Un vide pour que la déambulation du regardeur y trace les nouveaux récits de l’histoire de l’art.
Un lieu pour y déposer nos doutes.
Une biennale est un espace pour douter.

La Biennale d’Architecture d’Orléans est une « biennale de collection », construite comme une rencontre des mémoires : celles des œuvres de la collection, et celles des architectes et artistes invités. Il s’agit de les questionner sur leur manière d’aller marcher dans nos rêves et nos peurs pour revenir et conter notre histoire. Les œuvres produites par les cinquante-trois architectes et artistes invités sont, parfois des dialogues avec l’histoire, d’autres fois des tensions avec le présent. Le futur est la part du rêve, celui que nous devons partager, celui que nous devons traverser.

Patrick Bouchain est notre invité d’honneur. Avec lui, nous avons fait acte d’exposition comme nous faisons acte d’architecture. L’œuvre initiale de la Biennale est le bâtiment du Frac – les Turbulences – que nous avons retourné, sublimé, pour le vivre autrement. Faire une exposition d’architecture c’est aussi, et surtout, expérimenter le lieu même où nous nous trouvons. Comme un dernier geste, avant le prochain, Patrick Bouchain revisite le hall des Turbulences pour en faire un Haut-lieu de l’hospitalité. Il est le territoire qui accueillera toute l’hospitalité du monde et la demeure de la 36 001e commune de France, fondée par le PEROU.

Le parcours de la Biennale se déploie à travers la métropole orléanaise mais également dans toute la région. Le « réel » – l’urbanisme, les rues, les murs, les bruits, les odeurs – devient ainsi partie prenante de la narration globale. Ainsi, en est-il de la scène architecturale expérimentale espagnole, des années 1960 et de la jeune génération actuelle, à l’honneur rue Jeanne-d’Arc à Orléans. Vingt-deux drapeaux conçus pour l’occasion sont installés à l’endroit où la ville célèbre par une tradition du pavoisement ses fêtes populaires – les fêtes de la Loire et les fêtes de Jeanne d’Arc. Par cet acte, la Biennale prend place non pas dans un espace public mais dans sa tradition, son usage.

Aux Tanneries – Centre d’art contemporain d’Amilly, la première grande monographie consacrée à Guy Rottier active de nouveau l’absurde, la radicalité, la transgression, mais aussi une « tendresse subversive » comme moteur de l’innovation en architecture et en urbanisme. La Biennale est aussi l’endroit où discuter de la mémoire des territoires absents de la collection. C’est le cas d’un dialogue que nous engageons avec l’œuvre de Demas Nwoko, et de la conférence qui lui est consacrée. On l’aura compris, la Biennale traverse les territoires, de la région et de la ville, tout en traversant les rêves des architectes et des artistes. La Biennale d’Architecture d’Orléans est sous-tendue par l’espoir que le visiteur soit traduit lui-même en œuvres lorsqu’il passera dans les différents espaces et lieux investis par cet événement.

Abdelkader Damani & Luca Galofaro


Architectes et artistesVoir tout

Symposiums

Palestine Terre des rêves, un état rêvé

La production architecturale à la lumière du rêve d’un état/nation

Le colloque se concentre principalement sur les états changeants du rêve et de ses répercussions sur la scène (architecturale). L’ensemble du thème explore l’architecture et l’environnement bâti en Palestine comme moyen de compréhension du rêve palestinien et son lien au monde arabe global compris dans son ensemble et des transformations que ce dernier subit en ce moment.

Intervenants : Mr Dr. Yasser Elsheshtawy, Mme Arch. Nadia Habash, Mr Dr. Arch. Shadi Ghadban, Mr Dr. Abaher El Sakka
Coordination scientifique : Mme Dr. Shaden Awad, Mme Arch. Dima Yaser, Mr Dr. Yasid Al Rifai

Est-il encore possible d’être un étranger ?

L’objet de cette journée veut contribuer à explorer les vertus de l’étrangéité, dans quelque situation que ce soit. Quel étranger peut-on vouloir devenir ?

Coordination scientifique : Abdelkader Damani et Christian Ruby

News from utopia : cartographie de la recherche en architecture

Le symposium « cartographie de la recherche en architecture » réunit les écoles d’architecture à travers le monde pour poser les fondements d’un programme de recherche en architecture expérimentale que le Frac Centre-Val de Loire inaugurera à l’occasion de cette première édition.

Coordination scientifique : Luca Galofaro et Abdelkader Damani
Écoles invitées : Southern California Institute of Architecture, Los Angeles, USA / Università di Camerino, SAAD Ascoli Piceno, Italie / Architectural Theory, University of Innsbruck, Autriche / Institute for Advanced architecture of Catalonia, Barcelone, Espagne / Cooper Union, school of architecture, NYC, USA / Arquitectura en la Universidad Nacional de La Matanza, Buenos Aires, Argentine / Ecole nationale supérieure d’architecture de Nantes, France

Fatalité de la culture, limites de la contre‑culture. Autour de Patrick Bouchain.

Fatalité de la culture et limites de la contre-culture : le travail et la trajectoire de Patrick Bouchain dessinent un terrain idéal pour réfléchir au cours de deux journées sur la fécondité et les apories de ce drôle de couple avec en toile de fond la collection du Frac Centre-Val de Loire, qui depuis plus de vingt ans façonne bien des imaginaires.

Grand Témoin : Patrick Bouchain
Coordination scientifique : Jean-Louis Violeau
Intervenants : Loïc Blondiaux, Xavier Fouquet, Anne Debarre, Michel Bertreux, Aurélien Bellanger, Julien Perraud, Catherine Dohmen, Gilles Delalex, Hubert Tonka, Encore Heureux

Terre Mentale

Les nouvelles pratiques collaboratives offrent-elles des nouveaux territoires à explorer ? Serait-il possible de définir l’identité de notre territoire en tant qu’ouverture vers le monde ?

Intervenants : Patrick Bouchain, « architecte » et constructeur, André Guillerme, ingénieur et historien.


Résidences

Depuis 2016, le Frac Centre-Val de Loire redéploie une importante programmation hors-les-murs qui envisage le territoire régional comme un espace du réel, un lieu habité et partagé, une terre meuble avec laquelle travailler, « chemin faisant ».

Deux résidences se déroulent au cours de La Biennale, organisées dans le cadre de partenariats particulièrement forts et structurants dans la programmation territoriale du Frac Centre-Val de Loire : l’Ecole nationale supérieure d’art de Bourges et le centre d’art contemporain Transpalette d’une part, et d’autre part le centre hospitalier départemental Georges Daumezon situé à Fleury-les-Aubrais. Les oeuvres réalisées in situ seront présentées à partir de janvier 2018.

En se dépliant sur six mois, la Biennale d’Architecture d’Orléans entend également infuser et infiltrer le réel au travers d’actions convoquant la durée, la maturation, la porosité et la capillarité comme principes actifs de la création.

Mengzhi Zheng – Artiste en résidence

Mengzhi Zheng sera accueilli en résidence au CHD Georges Daumezon durant le premier trimestre de la Biennale dans le cadre du programme de résidence mis en place depuis 2008 en partenariat avec le Frac Centre-Val de Loire. L’artiste réalisera une œuvre in situ pour l’espace culturel du CHD situé à Fleury-les-Aubrais.

Saba Innab – Architecte en résidence

L’artiste et architecte jordano-palestinienne Saba Innab a été accueillie en résidence à La Box / ENSA Bourges durant le premier trimestre de la Biennale et a réalisé dans ce cadre une œuvre in situ pour le centre d’art contemporain Transpalette. Témoignage de la relation forte entre La Box / Ensa Bourges, Transpalette et le Frac Centre-Val de Loire, cette production intégrera la collection du Frac et participera de son parcours d’exposition permanente à l’échelle du territoire régional.