Recherche avancée

dECOi (Mark Goulthorpe)

©François Lauginie

  • In the Shadow of Ledoux, 1993
  • Sculpture
  • Bois, métal
  • 325 x 345 x 160 cm
  • 009 83 01

In the Shadow of Ledoux, 1993

Invité à concevoir un projet questionnant l'idée du public et du privé, dECOi s'inspire de deux projets de Claude-Nicolas Ledoux, architecte utopiste du siècle des Lumières : la maison sphérique des Gardes Forestiers et celle des Bains de la Ville de Chaux qui représentent toutes deux une vision du privé et du collectif, radicale pour l'époque. Goulthorpe travaille à partir du collage de ces deux projets puis de leur ombre pour aboutir à une forme « non géométrique, imprévisible et parfaitement inconstructible ». A cette fin, un préservatif rempli de plâtre constitue la base formelle, ensuite interrogée comme possible modèle contemporain d'espace public/privé. Ce procédé, transition entre collage et morphing, génère une surface curviligne et illimitée proche du ruban de Moebius, où dedans et dehors ne sont pas strictement délimités. La pièce à échelle 1:1, de 3,4 m de hauteur, se compose de 365 feuilles annulaires de contreplaqué découpées à partir des tranches constituant la maquette de base, tranches agrandies à l'aide d'un Épiscope. Avec cet espace ininterrompu, Goulthorpe entend signifier que ce n'est plus l'architecture qui se projette dans l'espace mais que c'est « le flot de l'espace qui pénètre l'architecture, devenue vaisseau muet et indifférent ». L'extrême difficulté posée par la création de cette forme aux courbes complexes amena dECOi à développer dans ses projets ultérieurs des méthodes précises et non plus arbitraires de génération de formes. Objet spectaculaire et inaugural, ce projet exprime cependant la « latence potentielle » de la forme architecturale libérée du fardeau de la littéralité de la représentation ; il annonce la recherche de toute une génération d’architectes explorant aujourd’hui des espaces topologiques et les possibilités d'une praxis de création aléatoire. 

Inventaire / diaporama [1]