Recherche avancée

Hans Hollein

©François Lauginie

  • Überbauung Salzburg, 1962
  • Dessin
  • Encre sur impression offset
  • 20.9 x 32.9 cm
  • 010 005 01

Überbauung Salzburg, 1962

Entre 1956 et 1969, Hans Hollein imagine des « villes-sculptures » sous forme de dessins et de photomontages qui font figure de manifeste contre le fonctionnalisme moderne. Contemporaines du pop art, ces « images-choc » illustrent son approche sémantique et communicationnelle de l’espace architectural. L’architecte multiplie les motifs mégalithiques et les formes « superstructures » qu’il monumentalise et inscrit dans des paysages ruraux ou urbains. En 1963, il présente ces œuvres aux côtés du sculpteur Walter Pichler dans l’exposition Architektur à la Galerie nächst St. Stephan de Vienne. Ils livrent à cette occasion leur vision de l’architecture dans le texte Absolute Architektur : « L’architecture est un ordre spirituel, matérialisé par la construction. Toute construction est cultuelle. L’architecture est élémentaire, sensible, primitive, brutale, effrayante, violente, dominatrice. Mais elle est aussi l’incarnation des émotions les plus subtiles, l’enregistrement des excitations les plus délicates. » Entre primitivisme et imaginaire expressionniste, ces projets de villes rejettent volontairement toute lisibilité et toute fonctionnalité pour se donner dans l’opacité et la compacité de leurs formes archaïques et inquiétantes : « Le bâtiment ne doit pas révéler son usage, il n’est pas l’expression de la structure et de la construction, ni une enveloppe, ni un abri. Un bâtiment est un bâtiment. L’architecture n’a pas de but. Ce que nous bâtissons se trouvera un usage. La fonction ne crée pas la forme. » Masse nuageuse ou rocher en suspension, les superstructures que Hollein esquisse au-dessus de villes existantes (Manhattan, Vienne ou Salzbourg) évoquent sur un mode critique les propositions mégastructurelles imaginées à l’époque, en même temps qu’elles dénoncent la monotonie de ces paysages urbains.

Inventaire / diaporama [1]