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Architecture Principe (Claude Parent, Paul Virilio)
Architecture Principe (Claude Parent, Paul Virilio)
Archizoom Associati
Kader Attia
Shigeru Ban
Bernd & Hilla Becher
Berdaguer & Péjus (Christophe Berdaguer, Marie Péjus)
BIOTHING (Alisa Andrasek)
Daniel Buren
Chanéac
Chanéac
Nigel Coates
Jordi Colomer
Constant
Peter Cook (Archigram)
Peter Cook (Archigram)
Coop Himmelb(l)au
Coop Himmelb(l)au
Coop Himmelb(l)au
Guy Debord
Diller + Scofidio
Günther Domenig & Eilfried Huth
Günther Domenig & Eilfried Huth
Peter Eisenman
David Georges Emmerich
Yona Friedman
Yona Friedman
Dan Graham
David Greene (Archigram)
Zaha Hadid
Haus-Rucker-Co
Haus-Rucker-Co
Pascal Häusermann
Hans Hollein
IaN+
Ugo La Pietra
Daniel Libeskind
Antti Lovag
Gordon Matta-Clark
NOX (Lars Spuybroek)
Gianni Pettena
Walter Pichler
Ricardo Porro
Arthur Quarmby
Franco Raggi
Ionel Schein
Charles Simonds
SITE (James Wines)
SITE (James Wines)
Ettore Sottsass Jr.
Superstudio
Bernard Tschumi
James Turrell & Studio Works
Madelon Vriesendorp

Au début des années 1990, sous l’impulsion de Frédéric Migayrou, le FRAC Centre oriente sa collection sur le rapport entre art et architecture. L’architecture est entendue comme champ de création à part entière. Le FRAC Centre acquiert des œuvres d’artistes en lien avec l’architecture et des projets d’architectes à travers maquettes, dessins, etc., autour de la dimension d’expérimentation des années 1950 à nos jours.
Cette collection comprend aujourd’hui quelque 300 œuvres, 800 maquettes d’architecture et plus de 15 000 dessins ainsi que de nombreux fonds d’architectes. Elle est représentée à travers quelque 160 architectes et une centaine d’artistes. La collection du FRAC Centre se donne aujourd’hui comme un patrimoine unique sur l’architecture expérimentale des soixante dernières années en lien avec la création artistique. Elle se donne comme un questionnement transversal sur l’art et l’architecture, qui partagent un domaine esthétique commun.
Le projet architectural est ici retenu pour son caractère innovant, prospectif. Le FRAC Centre se donne comme une collection de projets, axée sur le processus créatif, les procédures de conception, l’architecture comme outil analytique de compréhension d’un champ culturel élargi.


La collection du FRAC Centre démarre dans l’après-guerre avec des mouvements tels que l’architecture-sculpture en France. Elle a pour point d’ancrage le mouvement radical qui marqua les années 1960-1970 en Europe. C’est un critique d’art, Germano Celant, qui désigne le premier par «architecture radicale» des groupes tels qu’Archizoom, Superstudio, etc, en Italie, qui se réclament d’une attitude iconoclaste où l’architecture se donne comme une pratique conceptuelle. Les affinités sont alors nombreuses avec les courants artistiques contemporains (arte povera, art conceptuel, body art, land art, etc). Au sein des groupes radicaux, d’Archigram à Superstudio, de Haus-Rucker-Co à Archizoom, l’architecture se décline à toutes les échelles, du domestique à l’urbain, et se donne non plus comme un objet construit mais comme un environnement en perpétuelle reconfiguration, inscrit dans le temps de l’action.Le FRAC Centre a contribué à faire redécouvrir sur un plan international toute une génération d’architectes, ainsi Ionel Schein, l’inventeur de la première maison en plastique en 1956 ; Pascal Häusermann, Chanéac et bien d’autres. En Europe, dans les années 1950-1960, l'exploration de la mobilité en architecture conduit à la définition d'un nouvel espace, fait de modularité, de prolifération et d'agglomération de cellules. Pour la plupart des architectes expérimentaux des années 1960-70, en Europe, aux Etats-Unis, au Japon, la ville est un terrain privilégié d’expérimentation, marqué par la crise de l’habiter dans l’après-guerre. La collection du FRAC Centre est également l’une des rares à réunir des projets emblématiques de la déconstruction, consacrée au MoMA en 1988. Autour du philosophe Jacques Derrida, certains architectes américains et européens, parmi lesquels Peter Eisenman, Zaha Hadid, Bernard Tschumi, Coop Himmelb(l)au, Daniel Libeskind, mettent en exergue l'activité théorique et la dimension conceptuelle du projet. L’architecture se libère du programme pour se donner comme l’exploration d’un langage, revendiquant la notion d’événement, de «disjonction» formelle et temporelle.
La collection du FRAC Centre procède ainsi par rebonds historiques, à travers des rapprochements entre les expérimentations des années 1960 et l’architecture actuelle. Elle comprend aujourd’hui de véritables icônes de l’architecture contemporaine, du Living Pod de David Greene (Archigram) à Delirious New York de Rem Koolhaas (avec Madelon Vriesendorp); de l’église de Nevers d’Architecture Principe (Parent-Virilio) à Berlin City Edge de Daniel Libeskind, des Histogrammes de Superstudio aux supermarchés Best de James Wines/SITE, parmi bien d’autres exemples.

Le développement des technologies numériques au début des années 1990 provoqua un bouleversement au sein des pratiques architecturales qui acte le passage de la forme au calcul. Ces nouveaux modes computationnels ouvrent sur des processus de production «non-standard». L’architecte ne projette plus des formes mais conçoit des «patterns» immatériels de comportement. Les phases de réalisation sont intégrées à celles de conception, permettant de contrôler la fabrication et faisant ainsi émerger de nouvelles fonctionnalités. Les différentes éditions d’ArchiLab depuis 1999 ont aussi permis à la collection du FRAC Centre de se doter de projets innovants. Le FRAC Centre est ainsi la seule collection à réunir autant de jeunes architectes prospectifs, dressant une sorte de cartographie des laboratoires de recherche sur un plan international, comme en témoignent les acquisitions de projets d’OCEAN, Xefirotarch, Gramazio-Köhler, biothing, EZCT, DORA, Material Ecology, Theverymany, Minimaforms, etc. Des espaces topologiques complexes, issus de l’ingéniérie, de la biologie, de la génétique, opèrent une transformation de l’architecture appréhendée désormais comme une forme dynamique, entre matérialité et potentialité, ouverte à l’interaction des usagers, tout comme aux conditions environnementales.
Aujourd’hui de nombreux artistes réalisent des œuvres en lien avec l’architecture à travers le dispositif de maquettes d’architecture ou d’installations. Certaines appropriations de l’architecture dans le champ de l’art instaurent une forme de déconstruction des systèmes de représentation. Les jeux de construction des artistes s’élaborent le plus souvent à partir des valeurs identitaires de l’architecture. Le FRAC Centre s’efforce d’aller au-delà du rapport analogique ou illustratif à l’architecture afin d’acquérir des œuvres qui entrent en résonance avec la capacité critique de l’architecture, dans un domaine de réflexion ouvert.

Marie-Ange Brayer
Directrice du FRAC Centre