Monographie consacrée à Fernand Pouillon
Commissariat : Pierre Frey

Accompagné de Bernard Gachet pour le dessin et Daphné Bengoa pour la photographie

Au journaliste Jacques Beauffort qui lui demandait « lorsque vous étiez adolescent, quel homme rêviez-vous de devenir ? », Fernand Pouillon avait répondu « j’aurais aimé devenir un homme très grand et très puissant, très aimé ». Ce désir de grandioseté et les contraintes qu’il assigne à celui qu’il habite ont probablement déterminé le parcours singulier de l’homme, autant que la carrière de l’architecte. Survenue à la suite de son incarcération, l’écriture de l’autofiction Les pierres sauvages pourrait être alors le point d’inflexion d’un parcours de résilience, où non sans un certain pathos, l’auteur livre le témoignage de l’errance solitaire du bâtisseur. « (…) L’homme qui porte une action ne peut plus connaître le bonheur » disait-il dans un autre entretien radiophonique en 1964.

Le cellérier Balz, maître d’œuvre médiéval itinérant du roman y endosse la solitude du fugitif. Porteurs d’une mission d’ordre supérieur, tant l’auteur que son personnage, maîtres d’œuvre, s’en vont seuls pour bâtir. L’auteur du roman, se projette complètement dans la figure et dans l’action qu’il met en scène, allant jusqu’à dire « il y a une espèce d’identité de pensée, un humanisme, si vous voulez et le programme aussi [d’une cité de logement], le programme dans le fond est le même [que celui d’un monastère cistercien].

Pierre Frey


Monographie

Fernand Pouillon, France

Avec

Daphné Bengoa, France-Suisse
Bernard Gachet, Suisse