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Ernesto Tatafiore
  • Artiste (1943)

Né en 1943 à Naples, Ernesto Tatafiore poursuit des études de médecine et se spécialise en psychiatrie. C'est dans les années 1960 qu'il se révèle comme artiste, s'imposant surtout en Italie (il participe à la IX Quadriennale nazionale d'arte à Rome en 1965), en Suisse et en Allemagne. Il devient l'un des précurseurs de la « Trans-avant-garde » italienne qui émerge au début des années 1980. Naples, où il possède son atelier et qui demeure le lieu de prédilection de ses créations, agit de façon déterminante sur son travail. L'environnement comme source d'inspiration se manifeste à travers l'image obsessionnelle du Vésuve. Si les tableaux d'Ernesto Tatafiore sont marqués par une réalité très présente et concrète, ils tournent cependant autour de personnages célèbres comme Paganini, Masaniello et surtout Maximilien de Robespierre. Le thème de la Révolution française est récurrent dans sa production ; l'artiste l'évoque par des maximes, des slogans, des titres évocateurs tels que 9 Thermidor, Café Robespierre, etc. Tatafiore souligne les simulacres du pouvoir, les contradictions qui existent entre idéaux et Terreur, entre utopie et réalité, entre vertu et vice et dont la figure de Robespierre constitue la métaphore. Il pointe que, à force d'être reproduits, ces slogans sont devenus les clichés des grands idéaux humanitaires dont la portée, le sens et la signification ont été érodés. Pour ce psychanalyste, la présence obsessionnelle de la mort revêt le caractère ambivalent, joyeux et terrifiant de la fête révolutionnaire. Dans sa pratique du dessin, Tatafiore travaille sur des supports déchirés ou irréguliers sur lesquels il opère par collages et télescopages de mots et d'images à la calligraphie naïve (Robespierre, Testa Calda). Ses peintures, à l'aspect fragmentaire, sont elles-mêmes réalisées le plus souvent sur papier froissé et séduisent par l'élégance fragile du dessin. En 1980, l'artiste participe à la 39ème Biennale de Venise et deux ans plus tard est organisée sa première exposition personnelle à Lucerne. Il exposera de nouveau à la Biennale en 1990, plusieurs fois à Vienne et, en 2008, au Brésil et à Naples avec Utopian-Philosophical.

Nadine Labedade