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Peter Briggs
  • Artiste (1950)

Né à Gillingham (Grande-Bretagne) en 1950, et formé au Hornsey College of Art, Peter Briggs s’installe en France en 1973. Il enseigne d’abord à l'École des Beaux-Arts de Dijon, puis à celle de Rennes, et depuis 1983 à l'École des Beaux-Arts de Tours. En 1976, il organise avec Jean-Marc Poinsot un symposium de sculpture auquel participent Jean Clareboudt et Barry Flanagan. Deux ans plus tard, Peter Briggs s’engage dans une longue série de travaux où les manipulations de matériaux se multiplient et se croisent à travers des dispositifs qui dialectisent ces divers modes d’emploi. En 2002, il s’installe un atelier à Delhi pour expérimenter de nouvelles techniques ; il vit aujourd’hui entre Delhi et Tours, où il est professeur de sculpture à l'École des Beaux-Arts depuis 1983. Plusieurs catalogues ont été publiés sur son travail dont Taxidermies (2007). Avec les Flaming Hearts (cœurs en flamme), l’artiste interroge le procédé classique de la fonte à cire perdue – qui permet de tirer un bronze à partir d’une sculpture ou d’un modelage –, et à travers lui, le processus de création d’une sculpture. Ce procédé nécessite de créer une « tuyauterie », avec une entrée pour la matière en fusion, et une sortie pour l’air, que l’on enlève une fois le bronze refroidi. Cherchant à réintégrer ces éléments dans la sculpture même, Peter Briggs aboutit à une forme avec un cœur, nœud de croisement des différents passages. Par ailleurs, il ne sculpte pas au préalable, il modèle directement la cire, en « plein » ; l’épreuve tirée en bronze est donc unique. Peter Briggs questionne alors la « disparition des matières qui constituent les modèles perdus », et réintroduit le feu, et les flammes, présentes dans le four au moment de la combustion, dans la conception même de l’œuvre. Cœur ardent au moment de sa fabrication, il est présenté froid, figé dans la cristallisation d’une forme idéale, recouvert d’une patine jaune-verte qui en rappelle sa nature première.

Nadine Labedade