New-Territories (S/he)

Olzweg, 2006-2008

en collaboration avec Pierre Huygue

« Réalisé en collaboration avec l’artiste Pierre Huygue, la réponse de François Roche au concours lancé pour le nouveau FRAC Centre propose un enchevêtrement de verre sur toutes les façades des bâtiments existants. Résultat d’une construction algorithmique, ces agrégats de verre servent aux circulations qui mènent aux expositions. Les accès, flux labyrinthiques et cheminements multiples, se déroulent dans l’épaisseur de cette « translucidité ». Ces éléments sont issus de la filière recyclage dans un souci « citoyen » qui construit un nouveau lieu sur une narration d’échange. La programmation du chantier de verre est étalée sur plus de 10 ans afin de développer le concept d’une « chose en train de se faire » par l’intermédiaire d’Olzweg, le robot. Dénommée Olzweg (titre allemand du livre d'Heidegger Chemins qui ne mènent nulle part), cette machine gère l'incertitude de la forme finale et la reprogrammation de celle-ci en cours de construction. L’architecture est ainsi appréhendée comme labyrinthe, « jardin aux sentiers qui bifurquent », étant donné la multitude de cheminements qui se déploient à travers les épaisseurs de verre en façade. Le visiteur arpente également les expositions muni d’un ordinateur de poche (PAD/RFID) qui lui permet à la fois de consulter des données sur la collection, d’ajouter des commentaires ou de se retrouver dans son circuit.

Nadine Labedade

« Scénario :
1) La cour du Frac Centre est envahit d’un agrégat de fragments de verre afin de produire une vitrification du bâtiment actuel comme potentiel d’un Corps Sans Organes, sans parties, monolithique et pixelisé,... ni Disney Land patrimonial, ni Tabula Rasa, ni Tempietto version syndicat d’initiative. 
2) Les procédures stochastiques additives de fabrication, ainsi que leur maintenance, sont générées via des algorythmes robotiques (afin d’introduire  hasard et incertitude dans la forme finale et de reprogrammer le labyrinthe au fur et à mesure...). Dans les épaisseurs de verre, des cheminements ryzhomatiques, des embranchements, des fuidités et des accès sans issus. 
3) Les composants proviennent du tri municipal, afin de réduire le coût de matière première et d’impliquer les habitants de l’agglomération dans l’histoire du « Faire ». Pour information 80% du verre recyclé est constitué de bouteille ayant contenu de l’alcool.  
4) Le projet de construction s’étend sur plus de 10 ans (dispositif d’inachêvement protocolisé, « work in process, in progress »). La construction devient un facteur de désir et la machine, désirable, est engagée pour non seulement à produire le bâtiment mais aussi à en vectoriser la narration. Une curiosité pour les curieux... 
5) Utilisation de tablettes RFID pour encourager chaque visiteur à accepter de se perdre dans ce labyrinthe de verre et à redéfinir son positionnement XYZ selon les spécificités de l’exposition et son “curating” (mobile avec son, vidéo et GPS local).
5) Ce projet pris au premier tour, ne l’a pas été par la suite (voir section Parrhesia pour saisir les mécanismes d’indécisions) »

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