| COMMUNIQUE DE PRESSE | |
Philippe
Rahm
Exposition au FRAC CENTRE, Orléans |
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Philippe Rahm (1967) et Jean-Gilles Décosterd (1963) ont étudié l’architecture à l’Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne et Zurich en Suisse. Ils ont fondé leur agence en 1995 à Lausanne et exercent aujourd’hui également à Paris. Ils ont représenté la Suisse en 2002 lors de la 8e biennale d’architecture de Venise. Leur travail a été présenté dans de nombreuses expositions internationales (Archilab 2000, SF-MOMA 2001, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, CCA Kitakyushu 2004…) et dans les biennales de Lisbonne, Valencia, Tirana, Prague, Graz. Leurs projets de 1998 pour une salle omnisports à Neuchâtel ainsi que la Maison d’hiver pour Fabrice Hybert ont été acquis par le Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, dans ses collections. Ils travaillent actuellement sur plusieurs projets publics et privé en France, en Suisse et en Autriche. Philippe Rahm a été pensionnaire de la Villa Médicis, Académie de France à Rome (2000), Lauréat du programme de la Villa Kujoyama (Kyoto, Japon, 2003). Il est professeur à l’ECAL, Lausanne, professeur invité à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts à Paris en 2003, à l’Académie d’architecture de Mendrisio, Suisse en 2005. Jean-Gilles Décosterd est professeur à l’ECAL, Lausanne et enseigne à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne et sera professeur invité en 2005 à l’Académie d’architecture de Mendrisio, Suisse. Parmi leurs projets, citons : La salle omnisports de la Riveraine, (1998, Collection du MNAM, CCI) Melatonin Room (SF-MOMA, 2001), L’Hormonorium (Pavillon suisse, Biennale d’architecture de Venise 2002), 4 maisons d’hôtes pour Fabrice Hybert (Vendée, 2002-2005), une charte architecturale pour la région de Vassivière dans le Limousin (2005), La nouvelle cafétéria de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris (avec Jean-Luc Vilmouth, 2005) et la création d’un jardin sur une île en Autriche (2005).
Un guide de l’exposition sera proposé par le Service des Publics du FRAC Centre (gratuit). Avec la participation du Musée National d’art Moderne et du Centre de Création Industrielle (Centre Georges Pompidou. Paris). Nous remercions vivement l’agence Décosterd et Rahm Associés pour le prêt qui nous a été accordé. Les Editions HYX publient à cette occasion un catalogue monographique consacré au travail de Décosterd & Rahm, Associés. Bilingue français/anglais. 108 p. quadri. 100 ill. Format : L 20 x H 30 cm. Prix : 30 €. ISBN : 2-910385-40-X. Ce catalogue est publié avec le concours du FRAC Centre, 49 NORD 6 EST Fonds Régional d’Art Contemporain de Lorraine, Centre Culturel Suisse et Fondation Pro Helvetia.
Les phénomènes actuels de la globalisation et du dérèglement climatique accentue cette dérive de l’espace anthropique dans une spatialité et un temps autonome, hors des rythmes astronomiques et météorologiques naturels. C’est le printemps perpétuel de la mythique Ogygie que l’on déploie et que l’on allonge jusqu’à constituer une sorte de continuum climatique globale, au-delà des cycles biologiques, sans sommeil ni saison, sans nuit ni hiver, sans pluie ni froidure. L’information est instantanée, les connexions simultanées, le réseau est global, sans interruption. Ici et maintenant, mais aussi là-bas et demain, quelque part autour de 22°C, à un taux d’humidité relative de 50%, d’une intensité lumineuse de 2000 lux, comme un beau jour de printemps que l’on aurait décidé de répéter à l’infini, partout, éternellement. Face à cette homogénéisation croissante et moyenne de l’espace, notre architecture cherche à provoquer des failles, des dislocations météorologiques, des glissements de milieux, des déplacements, à la fois climatiques, temporels et physiologiques. Des augmentations, des ralentissements, des distorsions. Ainsi, la maison d’hiver pour Fabrice Hybert est un déplacement de latitude en temps réel de l’hémisphère nord à l’hémisphère sud, comme une courbure de l’espace - temps, superposant un été tahitien sur un hiver vendéen, une journée sur une nuit. L’Hormonorium est un abaissement brutal d’un niveau d’altitude, un climat de haute montagne qui retombe en quelques mètres sur celui d’un bord de mer comme une contraction spatiale localisée de 3000 mètres sur 3 mètres. L’Hydracafé est une translation longitudinale de Paris vers l’océan, par une élévation du taux d’humidité de l’air et de sa salinité. L’île d’Eybesfed en Autriche est une rupture de la continuité du temps, par la cristallisation d’un moment que l’on pénètre comme dans un éternel retour au même. Le projet pour l’Arteplage de Neuchâtel est un éclatement spatial du spectre électromagnétique dont on habite séparément les différentes longueurs d’onde, du visible jusqu’à l’invisible. L’appartement fantôme de Kitakyushu dissocie les spectralités de l’espace comme autant de pièces différentes à habiter, au même endroit et en même temps, mais en parallèle. Le projet pour des jardins à la Neuveville est un mouvement de focal dans l’échelle du végétal, du macroscopique au microscopique, de l’habitable à l’inhabitable, tandis que la galerie Mackintosh à Lausanne, concentre ou délaye la chaleur comme des microclimats avec leurs zones chaudes et leurs zones fraîches.
L’EXPOSITION L’exposition présente les projets d’architecture de l’agence Décosterd & Rahm depuis 1998 dans trois espaces selon trois temps. Chaque espace est défini volumétriquement par les 12 arêtes d’un parallélépipède virtuel de dimensions variables (27 m3, 36 m3 et 60 m3). L’une des faces est pleine et imprimée. Ces volumes prennent appui sur le sol, le mur ou au plafond. À chacun est associé une couleur particulière (cyan, magenta ou jaune). Chaque temps est défini par l’émission sur une durée définie d’une lumière d’une couleur particulière (cyan, magenta ou jaune) à laquelle est associée une projection vidéo. 100 tubes fluorescents de 3 couleurs s’allumeront alternativement sur une durée de 30 minutes. Selon le temps et sa couleur, la visibilité d’un espace dominera, les autres volumes disparaissant légèrement dans le gris général du Frac Centre.
Listes des projets présentés : TEMPS 1
DISTORSION THERMIQUE
DISTORSION SPECTRALE -
NANO, 2003
DISTORSION TEMPORELLE -
DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE TEMPS 2
DISTORSION DE LATITUDE -WINTERHOUSE
2004 - JERICHO DISTORSION
D’ALTITUDE
TEMPS
3 DISTORSION
D’AMPLITUDE
DISTORSION THERMIQUE
Lucy Mackintosh contemporary art gallery Dans un volume déjà existant (35 x 8 x 3 mètres), un espace dont ils ont ôté toute cloison, Décosterd & Rahm, associés conçoivent l’aménagement d’une galerie d’art contemporain. Espaces d’exposition, bureau, accueil, bibliothèque, réserve y sont définis non plus en termes de séparation spatiale mais selon des variations thermiques. Il s’agit de donner forme à l’espace par radiation, de cloisonner par conduction, d’agencer par convection. Le vide est cette matière qualifiée par sa température qui détermine ensuite les parties du programme : travailler assis à 21° C, visiter l’exposition en marchant à 16° C, stocker les œuvres d’art à 12°C… Le plan s’organise alors suivant une gradation allant de 21°C à 12°C en hiver et de 10°C à 30°C en été. Un réseau tubulaire d’eau chaude (en hiver) et froide (en été) se déploie dans l’espace en offrant une grande variété de conditions et de températures : là, le circuit se densifie pour augmenter la chaleur, ici, il esquisse un sol, une paroi, un plafond, une table, un banc, un comptoir générant ainsi à partir de lui-même des espaces spécifiques.
Ghost flat
Ghost flat est un projet d’appartement dans lequel les différents
espaces de vie ne s'organisent plus volumétriquement, mais
par le biais de différentes longueurs d'onde dans le visible.
Il dissocie les spectralités de l’espace comme autant
de pièces différentes à habiter, au même
endroit et en même temps, mais en parallèle. Entremêlant
leur masse et leur volume, les parties du programme - chambre, séjour,
salle de bain, cuisine - se déploient dans une fraction spécifique
du spectre électromagnétique : la chambre à coucher
s’élabore ainsi entre 400 et 500 nanomètres, le
séjour apparaît entre 600 et 800 nanomètres, la
salle de bain se situe quant à elle dans l'ultraviolet, entre
350 et 400 nanomètres. Cette scénographie d’exposition est fondée sur une succession d’espaces organisés en un parcours linéaire menant du plus grand au plus petit, du visible à l'invisible, de l'habitable à l'inhabitable. La première chambre, la plus grande, baigne dans une lumière blanche correspondant à la totalité du spectre lumineux (de 400 nanomètres à 670 nm). La seconde, plus étroite et plus basse, aux longueurs d’onde comprises entre 550 nm et 670 nm, affiche une lumière bleue. Dans la troisième, située à hauteur d'homme, les longueurs d'ondes correspondant au vert sont supprimées : ne reste qu'une lumière violette comprise entre 400 et 500 nm. En descendant dans les longueurs d'onde encore plus petites de la quatrième pièce, on quitte le visible pour gagner les ultraviolets de 360 nm, une lumière noire qui agit sur la peau par le bronzage et sur le corps par la formation de vitamine D. Inaccessible, la cinquième chambre, d’une hauteur de 40 cm, est éclairée d’une lampe UV-C germicide (254 nm) qui détruit virus, bactéries et attaque les autres formes de vie. Ici, la longueur d'onde du rayonnement électromagnétique devient trop petite pour être habitable : une dimension limite dans l'infiniment petit où l'espace devient nuisible, brûlant la peau, pénétrant jusqu'au plus profond de notre organisme jusqu'à le détruire.
Ce projet d’aménagement paysager d’une île
en Autriche vise à produire un temps autre, hors des rythmes
cosmologiques, une saison en glissement, un “ second été
” qui puisse s’étirer dans l’année
jusqu’en décembre. En rupture avec la rigueur hivernale
autrichienne, un microclimat estival habite une clairière dont
la forme de cygne rappelle la plus centrale des constellations du
ciel d’été. Des étoiles en définissent
la lumière, un tracé allégorique - celui du cygne
dont le bec plonge au sud-ouest - en définit le périmètre
thermique. Dans cette clairière, le solstice d’été
plonge au cœur de l’hiver : le jour s’y lève
à 5 heures 03, s’y couche à 23 heures 51 même
le 21 décembre, jour le plus court de l’année
au-delà de ce lieu. Ce projet de jardin vise, par la perturbation des mécanismes biologiques des végétaux, un “ dérèglement climatique ”, une modification de la plante par décalage saisonnier. Rappelant l’exotisme des serres, des orangeries ou des jardins d'acclimatation, ce projet invite non pas à un voyage dans l’espace mais à un écart dans le temps : goûter quelques instants l'hiver durant l’été, sentir le givre sous le soleil estival. Les concepteurs accélèrent ici les processus métaboliques de la plante en stimulant par le froid les sécrétions d’hormones (auxines et gibbérellines). Pour ce faire, un réseau de tubes dans lesquels circule de l'eau glycolée à -10°C, est enterré à 10 cm de profondeur sous l’humus d’une parcelle de pelouse. Une machine de production de froid de 40 kW, installée à proximité et réglée selon une périodicité spécifique, contribue à la formation régulière de gelée blanche en surface ; l’herbe entre en dormance, change d’aspect, traverse les saisons entraînant avec elle le promeneur dans ces distorsions.
DISTORSION DE LATITUDE
Winterhouse - Tahiti Winterhouse
- Jericho Conçues dans le cadre du projet de maison vendéenne pour l’artiste Fabrice Hybert, Winterhouse-Tahiti et Winterhouse-Jericho, fonctionnent sur un même principe de déplacement de climat. Ces maisons ne constituent pas le lieu d’habitation principal - dont la charge incombe à l’architecte Didier Faustino, mais définissent des satellites, des refuges aux atmosphères exotiques différentes dans lesquelles s’immerger pour se protéger du froid de l’hiver vendéen. Ces lieux recréent ainsi des microclimats qui sont autant de déplacements géographiques : d’abord Tahiti (projet beta) puis Jericho. Tous deux intègrent comme modalité première de l’architecture la matière physique du chauffage et de la ventilation. Conditionné à une température de 22°C avec un taux d’humidité de 70%, l’intérieur de Winterhouse-Tahiti reproduit artificiellement et en temps réel le climat et la lumière présents à Tahiti au même moment. Ici, c’est l’air, invisible, qui est physiquement qualifié ; d’une part, par la lumière artificielle proche de la réalité dans son rythme et son intensité ; d’autre part, par la présence de plantes exotiques, de terre, de micro-organismes et de substances minérales provenant de l’île qui déterminent, par la photosynthèse et par leurs effluves, la qualité chimique de l’air pulsé dans l’espace de vie. Avec Winterhouse-Jericho au climat plus sec, la chaufferie, visible, se donne tel un radiateur spatialisé, s’étirant dans les parties habitées et plongeant l’habitant dans un univers physique étranger. Dans ces maisons d’hiver, mettre le chauffage équivaut à opérer, de manière à la fois fictive et hyperréelle, une brèche au sein du territoire.
Hormonorium Dans cette installation réalisée pour la biennale d’Architecture de Venise en 2002, Décosterd & Rahm, associés transportent deux caractéristiques d’un climat de haute altitude (intensité lumineuse et raréfaction de l’oxygène) dans une ville de bord de mer. Ce projet s’offre comme une sorte de représentation physique de la haute montagne, à incorporer par la respiration, par la rétine, par le derme. Le sol, un faux plancher constitué de 528 tubes fluorescents qui émettent une lumière blanche comprise entre 5000 et 10 000 lux, stimule la rétine qui transmet alors à la glande pinéale des informations entraînant une diminution de la sécrétion de la mélatonine et, en conséquence, une baisse de la fatigue. L'augmentation probable de la libido, la régulation de l'humeur, le bronzage de la peau (UV-A), la synthèse de la vitamine D (UV-B), la légère hypoxie, l’augmentation de l’hématocrite, du taux d’Erythropoëtine, etc., comptent parmi les effets engendrés par ces nouvelles conditions environnementales.
Temps 3 DISTORSION DE LONGITUDE
Hydracafé Constitué pour une majeure partie d’eau, le corps perd chaque jour environ 2,5 litres ; l’équilibre se rétablit alors par un apport intérieur et par un apport cutané. En collaboration avec Jean-Luc Vilmouth, Hydracafé spatialise la fonction initiale de la cafétéria : se réhydrater. Il s’agit ici d’habiter l’humidité comme matière même de l’espace et de sa relation au corps. Décosterd & Rahm, associés répondent à ces nécessités en utilisant l’eau selon ses propriétés physiques et physiologiques. D’une part, une épaisseur prismatique d’eau est utilisée en toiture pour ses effets thermiques et sa capacité à absorber les infrarouges de la lumière solaire. D’autre part, au sol, une nébulisation par ultrason fait varier le taux d’hygrométrie en fonction des saisons, variant de 85 % en été à 65 % en hiver : le sol, comme une vague, immerge le corps dans une humidité variable comblant ses besoins vitaux.
DISTORSION D’AMPLITUDE
Salle omnisports
Constituée d’une double peau de verre dans l’épaisseur
de laquelle sont plantés des végétaux, cette
salle de sport produit de la chaleur par un système de chauffage
solaire convectif utilisant en couverture les terres des excavations
pour leur capacité d’accumulation thermique et pour leur
inertie. L’air réchauffé à 14°C par
le toit, puis pulsé dans la salle, est alors absorbé
par les joueurs, lesquels, lors de l’expiration durant l’effort,
produisent du CO2 ainsi que de la vapeur d’eau. L’air
vicié chargé d’humidité va se condenser
sur la double enveloppe de verre ; là, l’eau ruisselante
alimente les végétaux et contribue à la photosynthèse
et à leur croissance. Persil, poireaux et asperges, choisis
pour leurs capacités à produire des vitamines et des
sels minéraux, transforment l’énergie lumineuse
en énergie chimique, ôtent à l’air son CO2
et lui restituent, à la place, de l’oxygène dont
les joueurs ont besoin. DECOSTERD & RAHM, ASSOCIES Expositions (sélection)
2004 Centro Andaluz de Arte Contemporaneo, Seville, Espagne
Projets (sélection)
2004 Projet pour la nouvelle cafétéria des Beaux-Arts
de Paris, avec J-L Vilmouth Site
web
> Exposition au : Des micros sont suspendus dans l’espace de Transpalette. À une heure fixe, en plein vernissage, les micros sont tous mis en marche en même temps et enregistrent quelques secondes à 19h13’33 ”. ces secondes sont immédiatement rediffusées par des hauts parleurs en “ delay ” sans fin jusqu’à la fin de l’exposition. en parallèle, un éclairage est installé dans l’espace, son intensité monte progressivement durant le vernissage jusqu’à atteindre un maximum au même instant choisi, à 19h13’33 ”.
> Exposition au : QUAND
LES LATITUDES DEVIENNENT SUISSES
>Exposition au :
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