COMMUNIQUE DE PRESSE
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Philippe Rahm
Décosterd & Rahm, associés

Exposition au FRAC CENTRE, Orléans
Du 21 janvier au 30 avril 2005
Vernissage : 20 janvier 2005 à partir de 18H30

 


Le FRAC CENTRE présente du 21 janvier au 30 avril 2005, dans ses locaux du 12 rue de la Tour neuve, une exposition consacrée à Philippe Rahm/ Décosterd & Rahm, associés.

Philippe Rahm (1967) et Jean-Gilles Décosterd (1963) ont étudié l’architecture à l’Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne et Zurich en Suisse. Ils ont fondé leur agence en 1995 à Lausanne et exercent aujourd’hui également à Paris. Ils ont représenté la Suisse en 2002 lors de la 8e biennale d’architecture de Venise. Leur travail a été présenté dans de nombreuses expositions internationales (Archilab 2000, SF-MOMA 2001, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, CCA Kitakyushu 2004…) et dans les biennales de Lisbonne, Valencia, Tirana, Prague, Graz. Leurs projets de 1998 pour une salle omnisports à Neuchâtel ainsi que la Maison d’hiver pour Fabrice Hybert ont été acquis par le Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, dans ses collections. Ils travaillent actuellement sur plusieurs projets publics et privé en France, en Suisse et en Autriche. Philippe Rahm a été pensionnaire de la Villa Médicis, Académie de France à Rome (2000), Lauréat du programme de la Villa Kujoyama (Kyoto, Japon, 2003). Il est professeur à l’ECAL, Lausanne, professeur invité à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts à Paris en 2003, à l’Académie d’architecture de Mendrisio, Suisse en 2005. Jean-Gilles Décosterd est professeur à l’ECAL, Lausanne et enseigne à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne et sera professeur invité en 2005 à l’Académie d’architecture de Mendrisio, Suisse.

Parmi leurs projets, citons : La salle omnisports de la Riveraine, (1998, Collection du MNAM, CCI) Melatonin Room (SF-MOMA, 2001), L’Hormonorium (Pavillon suisse, Biennale d’architecture de Venise 2002), 4 maisons d’hôtes pour Fabrice Hybert (Vendée, 2002-2005), une charte architecturale pour la région de Vassivière dans le Limousin (2005), La nouvelle cafétéria de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris (avec Jean-Luc Vilmouth, 2005) et la création d’un jardin sur une île en Autriche (2005).

 

Un guide de l’exposition sera proposé par le Service des Publics du FRAC Centre (gratuit).

Avec la participation du Musée National d’art Moderne et du Centre de Création Industrielle (Centre Georges Pompidou. Paris). Nous remercions vivement l’agence Décosterd et Rahm Associés pour le prêt qui nous a été accordé.

Les Editions HYX publient à cette occasion un catalogue monographique consacré au travail de Décosterd & Rahm, Associés. Bilingue français/anglais. 108 p. quadri. 100 ill. Format : L 20 x H 30 cm. Prix : 30 €. ISBN : 2-910385-40-X. Ce catalogue est publié avec le concours du FRAC Centre, 49 NORD 6 EST Fonds Régional d’Art Contemporain de Lorraine, Centre Culturel Suisse et Fondation Pro Helvetia.

 


Nos projets s’articulent comme autant de distorsions de l’espace et du temps. C’est un travail sur la matière même de l’espace et du temps, par glissements, décalages, amplification, contractions. Dépassant le cadre traditionnel métrique et volumétrique, il y a dans une volonté d’étendre le champ de l’architecture à de nouvelles dimensions, travailler dans le spectre du vide et la densité des corps, dans les plis du temps, dans le gauchissement des distances et des climats. L’architecture procède par modification climatique et temporelle. Elle génère une multitude de ruptures localisées et momentanées, brèches géographiques, décalages astronomiques, déplacement climatique...

Les phénomènes actuels de la globalisation et du dérèglement climatique accentue cette dérive de l’espace anthropique dans une spatialité et un temps autonome, hors des rythmes astronomiques et météorologiques naturels. C’est le printemps perpétuel de la mythique Ogygie que l’on déploie et que l’on allonge jusqu’à constituer une sorte de continuum climatique globale, au-delà des cycles biologiques, sans sommeil ni saison, sans nuit ni hiver, sans pluie ni froidure. L’information est instantanée, les connexions simultanées, le réseau est global, sans interruption. Ici et maintenant, mais aussi là-bas et demain, quelque part autour de 22°C, à un taux d’humidité relative de 50%, d’une intensité lumineuse de 2000 lux, comme un beau jour de printemps que l’on aurait décidé de répéter à l’infini, partout, éternellement.

Face à cette homogénéisation croissante et moyenne de l’espace, notre architecture cherche à provoquer des failles, des dislocations météorologiques, des glissements de milieux, des déplacements, à la fois climatiques, temporels et physiologiques. Des augmentations, des ralentissements, des distorsions. Ainsi, la maison d’hiver pour Fabrice Hybert est un déplacement de latitude en temps réel de l’hémisphère nord à l’hémisphère sud, comme une courbure de l’espace - temps, superposant un été tahitien sur un hiver vendéen, une journée sur une nuit. L’Hormonorium est un abaissement brutal d’un niveau d’altitude, un climat de haute montagne qui retombe en quelques mètres sur celui d’un bord de mer comme une contraction spatiale localisée de 3000 mètres sur 3 mètres. L’Hydracafé est une translation longitudinale de Paris vers l’océan, par une élévation du taux d’humidité de l’air et de sa salinité. L’île d’Eybesfed en Autriche est une rupture de la continuité du temps, par la cristallisation d’un moment que l’on pénètre comme dans un éternel retour au même. Le projet pour l’Arteplage de Neuchâtel est un éclatement spatial du spectre électromagnétique dont on habite séparément les différentes longueurs d’onde, du visible jusqu’à l’invisible. L’appartement fantôme de Kitakyushu dissocie les spectralités de l’espace comme autant de pièces différentes à habiter, au même endroit et en même temps, mais en parallèle. Le projet pour des jardins à la Neuveville est un mouvement de focal dans l’échelle du végétal, du macroscopique au microscopique, de l’habitable à l’inhabitable, tandis que la galerie Mackintosh à Lausanne, concentre ou délaye la chaleur comme des microclimats avec leurs zones chaudes et leurs zones fraîches.


Philippe Rahm
Décosterd & Rahm, associés

 

L’EXPOSITION

L’exposition présente les projets d’architecture de l’agence Décosterd & Rahm depuis 1998 dans trois espaces selon trois temps.

Chaque espace est défini volumétriquement par les 12 arêtes d’un parallélépipède virtuel de dimensions variables (27 m3, 36 m3 et 60 m3). L’une des faces est pleine et imprimée. Ces volumes prennent appui sur le sol, le mur ou au plafond. À chacun est associé une couleur particulière (cyan, magenta ou jaune).

Chaque temps est défini par l’émission sur une durée définie d’une lumière d’une couleur particulière (cyan, magenta ou jaune) à laquelle est associée une projection vidéo. 100 tubes fluorescents de 3 couleurs s’allumeront alternativement sur une durée de 30 minutes. Selon le temps et sa couleur, la visibilité d’un espace dominera, les autres volumes disparaissant légèrement dans le gris général du Frac Centre.

 

Listes des projets présentés :

TEMPS 1

DISTORSION THERMIQUE
-LUCY MACKINTOSH CONTEMPORARY ART GALLERY
Galerie d’art contemporain, Lausanne, Suisse
Maîtrise d’ouvrage : Lucy Mackintosh
Décosterd & Rahm
Collaboration : Jérôme Jacqmin
Projet 2004, réalisation 2005

DISTORSION SPECTRALE
-GHOST FLAT, 2004.
CCA, Kitakyushu, Japon
Décosterd & Rahm
Avec la participation de Marie Darrieussecq et du Professeur Libero Zuppiroli, EPFL

- NANO, 2003
Décosterd & Rahm
Scénographie d’exposition
Maîtrise d’ouvrage : Aprifel, Paris
Décosterd & Rahm
Collaborateur : Sébastien Chevance

DISTORSION TEMPORELLE
- SECOND ÉTÉ
Aménagement paysager d’une île en Autriche
Maîtrise d’ouvrage: Christiane et Bertran Eyebesfeld
Décosterd & Rahm
Collaboration : jérôme jacqmin
Projet 2004 - réalisation 2005

- DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE
Concours, 2003
Maîtrise d’ouvrage : Lausanne jardins 2004
Décosterd & Rahm
Collaboration: Sébastien Chevance

TEMPS 2

DISTORSION DE LATITUDE
-WINTERHOUSE 2002– TAHITI
Maison d’hiver pour Fabrice Hybert, Vendée, projet beta (Tahiti)
Collection CCI, Musée Nationale d’Art Moderne, Beaubourg, Centre Pompidou
Décosterd & Rahm
Collaboration : Jérôme Jacqmin
Projet et réalisation 2002-2005

-WINTERHOUSE 2004 - JERICHO
Maison d’hiver pour Fabrice Hybert,(Jéricho)
Vendée, France
Décosterd & Rahm
Collaboration Jérôme Jacqmin,
Projet 2004, réalisation 2005

DISTORSION D’ALTITUDE
-HORMONORIUM
Pavillon suisse, 8ème biennale d’Architecture de Venise
Décosterd & Rahm
Collaboration : Jérôme Jacqmin, Catherine Rossier Lausanne /Elena Solari, Mestre-Venise.
Avec le Professeur Urs Scherrer, Lausanne et le Docteur Anna Wirz-Justice, Bâle
Maîtrise d’ouvrage : Office fédérale de la Culture, Suisse

 

TEMPS 3
DISTORSION DE LONGITUDE
-HYDRACAFE
Nouvelle cafétéria de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, 2004
Décosterd & Rahm avec Jean-Luc Vilmouth
Commande du CNAP, © CNAP, Décosterd & Rahm, Jean-Luc Vilmouth

DISTORSION D’AMPLITUDE
-OMNISPORTS HALL
Concours de projets pour la salle omnisports de La Riveraine, Ville de Neuchatel, Suisse, juin 1998
Décosterd & Rahm
Collaboration : Xenia Riva, Janka Pasquier, Jérôme Jacqmin, Bram Dauw, Alexandre Armand
Collection du Musée National d’art moderne (MNAM), Centre de Création Industrielle (CCI), Centre Pompidou, depuis 2002.

 



Temps 1

DISTORSION THERMIQUE

Lucy Mackintosh contemporary art gallery
Galerie d’art contemporain, Lausanne, Suisse
Maîtrise d’ouvrage : Lucy Mackintosh, Cyril Veillon
Décosterd & Rahm, associés
Collaboration : Jérôme Jacqmin
Projet 2004 - réalisation 2005

Dans un volume déjà existant (35 x 8 x 3 mètres), un espace dont ils ont ôté toute cloison, Décosterd & Rahm, associés conçoivent l’aménagement d’une galerie d’art contemporain. Espaces d’exposition, bureau, accueil, bibliothèque, réserve y sont définis non plus en termes de séparation spatiale mais selon des variations thermiques. Il s’agit de donner forme à l’espace par radiation, de cloisonner par conduction, d’agencer par convection. Le vide est cette matière qualifiée par sa température qui détermine ensuite les parties du programme : travailler assis à 21° C, visiter l’exposition en marchant à 16° C, stocker les œuvres d’art à 12°C… Le plan s’organise alors suivant une gradation allant de 21°C à 12°C en hiver et de 10°C à 30°C en été. Un réseau tubulaire d’eau chaude (en hiver) et froide (en été) se déploie dans l’espace en offrant une grande variété de conditions et de températures : là, le circuit se densifie pour augmenter la chaleur, ici, il esquisse un sol, une paroi, un plafond, une table, un banc, un comptoir générant ainsi à partir de lui-même des espaces spécifiques.


DISTORSION SPECTRALE

Ghost flat
Installation
Curateurs : Akiko Miyake, Nobuo Nakamura
CCA Kitakyushu, Japon
Février - mars 2004
Décosterd & Rahm, associés avec la participation de Marie Darrieussecq, écrivain
Consultant : Professeur Libero Zuppiroli, EPFL

Ghost flat est un projet d’appartement dans lequel les différents espaces de vie ne s'organisent plus volumétriquement, mais par le biais de différentes longueurs d'onde dans le visible. Il dissocie les spectralités de l’espace comme autant de pièces différentes à habiter, au même endroit et en même temps, mais en parallèle. Entremêlant leur masse et leur volume, les parties du programme - chambre, séjour, salle de bain, cuisine - se déploient dans une fraction spécifique du spectre électromagnétique : la chambre à coucher s’élabore ainsi entre 400 et 500 nanomètres, le séjour apparaît entre 600 et 800 nanomètres, la salle de bain se situe quant à elle dans l'ultraviolet, entre 350 et 400 nanomètres.

NANO, 2003
Scénographie d’exposition
Maîtrise d’ouvrage : Aprifel, Paris
Décosterd & Rahm
Collaborateur : Sébastien Chevance

Cette scénographie d’exposition est fondée sur une succession d’espaces organisés en un parcours linéaire menant du plus grand au plus petit, du visible à l'invisible, de l'habitable à l'inhabitable. La première chambre, la plus grande, baigne dans une lumière blanche correspondant à la totalité du spectre lumineux (de 400 nanomètres à 670 nm). La seconde, plus étroite et plus basse, aux longueurs d’onde comprises entre 550 nm et 670 nm, affiche une lumière bleue. Dans la troisième, située à hauteur d'homme, les longueurs d'ondes correspondant au vert sont supprimées : ne reste qu'une lumière violette comprise entre 400 et 500 nm. En descendant dans les longueurs d'onde encore plus petites de la quatrième pièce, on quitte le visible pour gagner les ultraviolets de 360 nm, une lumière noire qui agit sur la peau par le bronzage et sur le corps par la formation de vitamine D. Inaccessible, la cinquième chambre, d’une hauteur de 40 cm, est éclairée d’une lampe UV-C germicide (254 nm) qui détruit virus, bactéries et attaque les autres formes de vie. Ici, la longueur d'onde du rayonnement électromagnétique devient trop petite pour être habitable : une dimension limite dans l'infiniment petit où l'espace devient nuisible, brûlant la peau, pénétrant jusqu'au plus profond de notre organisme jusqu'à le détruire.


DISTORSION TEMPORELLE
Le second été
Aménagement paysager d’une île en Autriche
Maîtrise d’ouvrage : Christiane et Bertran Eyebesfeld
Décosterd & Rahm, associés
Collaboration : Jérôme Jacqmin
Projet 2004 - réalisation 2005

Ce projet d’aménagement paysager d’une île en Autriche vise à produire un temps autre, hors des rythmes cosmologiques, une saison en glissement, un “ second été ” qui puisse s’étirer dans l’année jusqu’en décembre. En rupture avec la rigueur hivernale autrichienne, un microclimat estival habite une clairière dont la forme de cygne rappelle la plus centrale des constellations du ciel d’été. Des étoiles en définissent la lumière, un tracé allégorique - celui du cygne dont le bec plonge au sud-ouest - en définit le périmètre thermique. Dans cette clairière, le solstice d’été plonge au cœur de l’hiver : le jour s’y lève à 5 heures 03, s’y couche à 23 heures 51 même le 21 décembre, jour le plus court de l’année au-delà de ce lieu.

Dérèglement climatique
Concours, 2003
Maîtrise d’ouvrage : Lausanne Jardins 2004
Décosterd & Rahm, associés
Collaboration : Sébastien Chevance

Ce projet de jardin vise, par la perturbation des mécanismes biologiques des végétaux, un “ dérèglement climatique ”, une modification de la plante par décalage saisonnier. Rappelant l’exotisme des serres, des orangeries ou des jardins d'acclimatation, ce projet invite non pas à un voyage dans l’espace mais à un écart dans le temps : goûter quelques instants l'hiver durant l’été, sentir le givre sous le soleil estival. Les concepteurs accélèrent ici les processus métaboliques de la plante en stimulant par le froid les sécrétions d’hormones (auxines et gibbérellines). Pour ce faire, un réseau de tubes dans lesquels circule de l'eau glycolée à -10°C, est enterré à 10 cm de profondeur sous l’humus d’une parcelle de pelouse. Une machine de production de froid de 40 kW, installée à proximité et réglée selon une périodicité spécifique, contribue à la formation régulière de gelée blanche en surface ; l’herbe entre en dormance, change d’aspect, traverse les saisons entraînant avec elle le promeneur dans ces distorsions.


Temps 2

DISTORSION DE LATITUDE

Winterhouse - Tahiti
Maison d’hiver, Vendée, France, projet beta
Maîtrise d’ouvrage : Fabrice Hybert,
Collection CCI, Musée Nationale d’Art Moderne, Beaubourg, Centre Pompidou
Décosterd & Rahm, associés
Collaboration : Jérôme Jacqmin, Jean-Maurice Chevalley

Winterhouse - Jericho
Maison d’hiver
Vendée, France
Maîtrise d’ouvrage : Fabrice Hybert,
Décosterd & Rahm, associés
Collaboration : Jérôme Jacqmin,
Projet et réalisation 2004-2005

Conçues dans le cadre du projet de maison vendéenne pour l’artiste Fabrice Hybert, Winterhouse-Tahiti et Winterhouse-Jericho, fonctionnent sur un même principe de déplacement de climat. Ces maisons ne constituent pas le lieu d’habitation principal - dont la charge incombe à l’architecte Didier Faustino, mais définissent des satellites, des refuges aux atmosphères exotiques différentes dans lesquelles s’immerger pour se protéger du froid de l’hiver vendéen. Ces lieux recréent ainsi des microclimats qui sont autant de déplacements géographiques : d’abord Tahiti (projet beta) puis Jericho. Tous deux intègrent comme modalité première de l’architecture la matière physique du chauffage et de la ventilation. Conditionné à une température de 22°C avec un taux d’humidité de 70%, l’intérieur de Winterhouse-Tahiti reproduit artificiellement et en temps réel le climat et la lumière présents à Tahiti au même moment. Ici, c’est l’air, invisible, qui est physiquement qualifié ; d’une part, par la lumière artificielle proche de la réalité dans son rythme et son intensité ; d’autre part, par la présence de plantes exotiques, de terre, de micro-organismes et de substances minérales provenant de l’île qui déterminent, par la photosynthèse et par leurs effluves, la qualité chimique de l’air pulsé dans l’espace de vie. Avec Winterhouse-Jericho au climat plus sec, la chaufferie, visible, se donne tel un radiateur spatialisé, s’étirant dans les parties habitées et plongeant l’habitant dans un univers physique étranger. Dans ces maisons d’hiver, mettre le chauffage équivaut à opérer, de manière à la fois fictive et hyperréelle, une brèche au sein du territoire.


DISTORSION D’ALTITUDE

Hormonorium
Pavillon suisse, 8ème biennale d’Architecture de Venise, 2002
Maîtrise d’ouvrage : Office fédéral de la Culture, Suisse
Décosterd & Rahm, associés
Collaboration : Jérôme Jacqmin, Catherine Rossier, Lausanne / Elena Solari, Mestre-Venise.
Consultants : Professeur Urs Scherrer, Centre hospitalier universitaire Lausanne, Docteur Anna Wirz-Justice, Clinique psychiatrique universitaire, Bâle
Submusic composée par Air ( J-B Dunckel - N. Godin ),
masterisé par Hervé Dutournier aux Studios Translab-Paris, juin 2002
1 - Monochromaticomouss ( J-B Dunckel - N. Godin ) 03 :48
2 - Polyvibratorwaves ( J-B Dunckel - N. Godin ) 07 :49

Dans cette installation réalisée pour la biennale d’Architecture de Venise en 2002, Décosterd & Rahm, associés transportent deux caractéristiques d’un climat de haute altitude (intensité lumineuse et raréfaction de l’oxygène) dans une ville de bord de mer. Ce projet s’offre comme une sorte de représentation physique de la haute montagne, à incorporer par la respiration, par la rétine, par le derme. Le sol, un faux plancher constitué de 528 tubes fluorescents qui émettent une lumière blanche comprise entre 5000 et 10 000 lux, stimule la rétine qui transmet alors à la glande pinéale des informations entraînant une diminution de la sécrétion de la mélatonine et, en conséquence, une baisse de la fatigue. L'augmentation probable de la libido, la régulation de l'humeur, le bronzage de la peau (UV-A), la synthèse de la vitamine D (UV-B), la légère hypoxie, l’augmentation de l’hématocrite, du taux d’Erythropoëtine, etc., comptent parmi les effets engendrés par ces nouvelles conditions environnementales.

 

Temps 3

DISTORSION DE LONGITUDE

Hydracafé
Nouvelle cafétéria de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris
Maîtrise d’ouvrage : Commande du CNAP (Centre national des arts plastiques, Ministère de la culture), ENSBA (Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris)
Décosterd & Rahm, associés avec Jean-Luc Vilmouth
Collaboration : Jérôme Jacqmin
Projet et réalisation : 2004 - 2005

Constitué pour une majeure partie d’eau, le corps perd chaque jour environ 2,5 litres ; l’équilibre se rétablit alors par un apport intérieur et par un apport cutané. En collaboration avec Jean-Luc Vilmouth, Hydracafé spatialise la fonction initiale de la cafétéria : se réhydrater. Il s’agit ici d’habiter l’humidité comme matière même de l’espace et de sa relation au corps. Décosterd & Rahm, associés répondent à ces nécessités en utilisant l’eau selon ses propriétés physiques et physiologiques. D’une part, une épaisseur prismatique d’eau est utilisée en toiture pour ses effets thermiques et sa capacité à absorber les infrarouges de la lumière solaire. D’autre part, au sol, une nébulisation par ultrason fait varier le taux d’hygrométrie en fonction des saisons, variant de 85 % en été à 65 % en hiver : le sol, comme une vague, immerge le corps dans une humidité variable comblant ses besoins vitaux.

 

DISTORSION D’AMPLITUDE

Salle omnisports
Concours de projets pour la salle omnisports de La Riveraine, Ville de Neuchâtel, Suisse, 1998
Décosterd & Rahm, associés
Collaboration : Xenia Riva, Janka Pasquier, Jérôme Jacqmin, Bram Dauw, Alexandre Armand
Collection du Musée National d’art moderne (MNAM), Centre de Création Industrielle (CCI), Centre Pompidou, Paris

Constituée d’une double peau de verre dans l’épaisseur de laquelle sont plantés des végétaux, cette salle de sport produit de la chaleur par un système de chauffage solaire convectif utilisant en couverture les terres des excavations pour leur capacité d’accumulation thermique et pour leur inertie. L’air réchauffé à 14°C par le toit, puis pulsé dans la salle, est alors absorbé par les joueurs, lesquels, lors de l’expiration durant l’effort, produisent du CO2 ainsi que de la vapeur d’eau. L’air vicié chargé d’humidité va se condenser sur la double enveloppe de verre ; là, l’eau ruisselante alimente les végétaux et contribue à la photosynthèse et à leur croissance. Persil, poireaux et asperges, choisis pour leurs capacités à produire des vitamines et des sels minéraux, transforment l’énergie lumineuse en énergie chimique, ôtent à l’air son CO2 et lui restituent, à la place, de l’oxygène dont les joueurs ont besoin.

DECOSTERD & RAHM, ASSOCIES

Expositions (sélection)

2004 Centro Andaluz de Arte Contemporaneo, Seville, Espagne
2004 CCA, Kitakyushu, Japon
2003-2004 Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris
2003 Biennal de Valencia, Espagne
2003 Migros Museum, Zürich, Suisse
2002 8e biennale d’architecture de Venise, Italie
2002 Whitneybiennial.com, New York, USA
2001 Traversées, Musée d’art moderne de la Ville de Paris, France
2001 Tirana Biennale, Albanie
2001 010101 Art in Technological Times, SF-MOMA, San Francisco, USA
2000 Archilab, Orléans, Franc
1999 e-spaces, Purple Institut, Paris, France

 

Projets (sélection)

2004 Projet pour la nouvelle cafétéria des Beaux-Arts de Paris, avec J-L Vilmouth
Etablissement d’une charte architecturale pour la région de Vassivière en Limousin
Aménagement paysager d’une île en Autriche
Projet pour une galerie d’art contemporain à Lausanne, Suisse
2003 Etude pour la conception des nouveaux magasins Naturalia®, Paris.
Etude pour un stand d’exposition de 3000m2, Renault, France
Projet et réalisation de la scénographie de l’exposition Nano, Paris
2002 Projet pour un parc à San Sebastian, Espagne, avec Gilles Clément et Joseph Andueza, paysagistes
2000 Projet et développement d‘un projet pour l‘Expo.02 à Neuchâtel.
Etude urbaine pour la commune de Renens, Suisse.
Projet pour des bâtiments communaux à St-Sulpice.
1999 Projet et réalisation d’un jardin “Lausanne Jardins 2000”
1998 Projet pour l‘Arteplage Neuchâtel l‘Expo.01 (avec RFR ingénieurs civils, Michel Desvigne paysagiste, Yann Kersalé éclairagiste, fabric.ch, Webdesigners).
Etude pour l’aménagement du littoral sur la commune de Sérignan, France. Avec Gilles Clément, Gilles A. Tieberghien, Michel Aubry, Guy Tortosa.Publications (sélection)
“ artscapes ”, GG Editorial Gustavo Gili, S.A, Barcelone, 2003
“ architecture physiologique”, Décosterd & Rahm, Birkhäuser, Basel, 2002
“ melatonin room ”, Less + More, droog design in contexte, 010 Publishers, Rotterdam, NL, 2002.
“ The hormonal city ”, architopia, Utopia Biennial, Cascais, Portugal, 2002.
“ peinture placebo ”, Traversées, Musée d’art moderne de la Ville de Paris, Editions Paris Musées, 2001.
“ digestible spaces ” Tirana Biennale 1, Giancarlo Politi Editore, Milan, 2001
ArchiLab, Thames & Hudson, Londres, 2001.
“melatonin room ” 010101, art in technologicals times, SF-MOMA, San Francisco, 2001.
“ Jardin stimulé ”, La Ville, Le jardin, la mémoire 2000, Editions Paris Musées, 2000.

Site web
www.low-architecture.com

 


EXPOSITION
EN PARTENARIAT avec :


PHILIPPE RAHM
DÉCOSTERD & RAHM, ASSOCIÉS

“ Nous avons déjà été là une éternité de fois et toutes choses avec nous ”
Mercredi 19 janvier 2005, 19 h 13’ 33’’
20 janvier - 19 mars 2005
Vernissage : le mercredi 19 janvier 2005 à 18 h 30
20 h : Usine Party : musiques électroniques
Horaires d’ouverture de l’exposition : du mercredi au samedi de 14h à 18h et sur rendez-vous

> Exposition au :
Transpalette/Association Emmetrop
26 Route de la chapelle.
18000 Bourges
T. 00 33 (0)2 48 50 38 61
@ : expotranpalette@hotmail.com

Des micros sont suspendus dans l’espace de Transpalette. À une heure fixe, en plein vernissage, les micros sont tous mis en marche en même temps et enregistrent quelques secondes à 19h13’33 ”. ces secondes sont immédiatement rediffusées par des hauts parleurs en “ delay ” sans fin jusqu’à la fin de l’exposition. en parallèle, un éclairage est installé dans l’espace, son intensité monte progressivement durant le vernissage jusqu’à atteindre un maximum au même instant choisi, à 19h13’33 ”.



DÉCOSTERD & RAHM / ARCHITECTURE INVISIBLE
12 mars - 15 mai 2005
Ouverture du mercredi au dimanche : de 14h00 à 19h00
Nocturne le jeudi jusqu'à 22h00.
Entrée gratuite

> Exposition au :
Centre culturel Suisse
32 et 38 Rue des Francs-Bourgeois.
75003 Paris
T. 00 33 (0)1 42 71 44 50
F. 00 33 (0)1 42 71 51 24

QUAND LES LATITUDES DEVIENNENT SUISSES
27 mai - 28 août 2005

>Exposition au :
49 NORD 6 EST
Fonds Régional d’Art Contemporain de Lorraine
1 bis rue des Trinitaires
F-57000 Metz
T. 00 33 (0)3 87 74 20 02
F. 00 33 (0)3 87 74 20 56
@ : info@fraclorraine.org
www.fraclorraine.org

 

 

 

INFORMATIONS

Le Fonds Régional D’art Contemporain du Centre
bénéficie du soutien du Conseil régional du Centre et du Ministère de la Culture et de la Communication [Délégation aux Arts plastiques (DAP) ; Direction Régionale des Affaires Culturelles du Centre ; Direction de l’Architecture et du Patrimoine (DAPA)].

Adresse
FRAC CENTRE. 12 rue de la Tour Neuve . 45 000 Orléans
T : 33 (0)2 38 62 52 00 / F : 33 (0)2 38 62 21 80 /
@ : contact@frac-centre.asso.fr

 

Horaires d’ouverture / Visites commentées :

L’exposition PHILIPPE RAHM / DÉCOSTERD & RAM, ASSOCIÉS est ouverte du lundi au vendredi, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h.
Les week-ends et jours fériés : de 11 h à 18 h.
Visites commentées en semaine sur réservation, les samedi et dimanche à 16 h.
Accueil des scolaires : groupes sur réservation
Contacts : Service des Publics du FRAC Centre :
publics@frac-centre.asso.fr

Prochainement au FRAC CENTRE :JAKOB ET MAC FARLANE
Du 27 mai au 31 juillet 2005
Vernissage : 26 mai à partir de 18H30 (dates sous réserves)

Contact presse FRAC CENTRE :
Sophie BELLÉ
Fonds Régional d'Art Contemporain du Centre
12, rue de la Tour Neuve F-45000 Orléans
T. 33 (0)2 38 62 52 00 - F. 33 (0)2 38 62 21 80
@ : sophiebelle@frac-centre.asso.fr


Dossier de presse/Images presse sur demande

Images libres de droits pour annoncer l'exposition :
Philippe Rahm
Décosterd & Rahm, associés
FRAC Centre
12 rue de la Tour Neuve. 45 000 Orléans
21 janvier - 30 avril 2005
Mention obligatoire :
Courtesy Décosterd & Rahm, associés

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