|
Cette exposition réunit huit équipes d’architectes,
d’une génération émergente, parmi les plus
prospectifs en France. Ils présentent ici chacun un projet, réalisé
ou non, qui questionne la relation de l’architecture à son
environnement. Cette relation s’opère par greffe, hybridation,
fusion. Des stratégies de mutation, camouflage, disparition, se
mettent en place afin de transformer l’architecture dans son territoire.
Ces projets ouvrent sur une architecture réceptive ou réactive,
qui se donne en intelligence avec son environnement. Une nouvelle économie
apparaît, qui tend à abolir les polarités entre dedans
et dehors, à brouiller les identités, afin de faire de l’architecture
un questionnement critique, un maillon effectif entre les usagers et leur
environnement.
Pierre du Besset & Dominique Lyon/ Manuelle Gautrand/
Dominique Jakob & Brendan MacFarlane/ Anne Lacaton & Jean Philippe
Vassal/ Jacques Moussafir/ Périphériques/
R&Sie/ Scape
Ecologie
: Manuelle Gautrand 1961
www.manuelle-gautrand.com
Récemment finaliste du concours pour la Fondation Pinault pour
l’Art Contemporain sur le site des anciennes usines Renault à
Boulogne, Manuelle Gautrand est aussi l’architecte du Théâtre
de Béthune (1998), ainsi que de bâtiments remarqués
pour l’aéroport de Nantes (1998).
En 2001, elle conçoit pour Rennes des logements à caractère
écologique, “110 logements H.Q.E" en partenariat avec
EDF : Manuelle Gautrand combine recherche constructive et innovation technologique
pour créer un habitat flexible, qui participe d’une véritable
écologie domestique.
Environnement
: SCAPE
Duncan Lewis 1959, Hervé Potin 1972, Pascal Riffaud 1969, Benoît
Fillon 1970, Denis Brillet 1971, Stéphane Lagré 1969
Le nom même de leur agence induit cette approche transversale du
territoire, véhiculant l’idée d’une transformation
de l’environnement en paysage - et de l’espace en territoire.
Leur champ d’action se déploie sur des échelles multiples,
de l’espace urbain aux environnements naturels.
Le projet d’une "Cité de la Mer" (2001) pour
la ville de Sokcho, en Corée, met en valeur les océans comme
derniers espaces naturels de notre planète et zones de ressources
pour l’homme. Ce projet questionne tout particulièrement
la notion d’environnement global.
Mutations
: R&Sie www.new-territories
François Roche 1961, Stéphanie Lavaux 1966
Depuis plus d’une dizaine d’années, R&Sie pense
l’architecture au-delà des polarités sujet/objet,
objet/territoire, pour l’appréhender comme un “corps
mutant”, soumis à des transformations perpétuelles,
ainsi le projet récent de “bureaux domestiques” à
La Défense, à Paris, aux parois pileuses et réactives,
qui intègrent un réseau de circulation des informations,
ou encore, la ferme d’Evolène en Suisse, véritable
métabolisme, où coexistent animaux et habitants, dans un
principe général de recyclage de l’énergie
et des matières.
"La Maison dans les arbres" (1994) se situe “entre
le rêve d’une cabane dans les arbres" et une dynamique
du “lien", de l’échange, entre l’objet architectural
et son environnement appréhendé comme un champ d’émergences
(d’affects, de formes, de matières, d’influx culturels,
sociaux, etc).
Camouflage
: Périphériques
(Paillard+Jumeau)Mt_arch@club-internet.fr(Marin Trottin)
Louis Paillard 1960, Anne Fr. Jumeau 1962, E. Marin-Trottin 1967, David
Trottin 1965
Leur activité architecturale se développe à partir
de l’échange entre de multipes collaborateurs, qui apportent
chacun leur champ propre de réflexion, et consiste autant en projets
d’architecture qu’en réalisation d’expositions
ou de publications (revue annuelle " IN-EX").
Marin-Trottin et Paillard-Jumeau proposent deux maisons individuelles,
qui se donnent comme une interface paysagère entre intérieur
et extérieur, et inversent le rapport d’extériorité
face à la nature.
Disparition
: Jacques Moussafir 1957
L’architecture de Jacques Moussafir participe d’un véritable
questionnement sur les questions de l’habiter qu’il définit
comme une manière d’être, ainsi que sur les conditions
de l’intériorité au sein de cette expérience.
"La Maison d’Adam au paradis", en cours de réalisation,
est une absence de maison, un lieu conçu pour être vécu
de l’intérieur, sans façade, ni statut social. Les
limites de cette maison qui s’étale horizontalement substituent
au dialogue horizontal avec la ville celui vertical avec les éléments
naturels.
Paysage
urbain : Pierre du Besset 1949 & Dominique Lyon 1954
Auteurs notamment de la Médiathèque d’Orléans
et de la Bibliothèque de Troyes (2002), Pierre du Besset et Dominique
Lyon développent des espaces fluides et relationnels.
Leur projet pour la "Bibliothèque universitaire de St-Quentin
en Yvelines" (1999) intègre, par ses agencements internes,
la mobilité de l’espace urbain. Les bandes horizontales de
verre coloré, qui strient les façades, forment un filtre
entre le bâtiment et l’espace environnant. Des effets visuels
d’enroulement, par plateaux au sens alterné, font glisser
le regard jusqu’à l’inclinaison de toitures-terrasses,
tapissées de verdures. Tout le bâtiment s’organise
autour de l’échange visuel entre intérieur et extérieur.
Economie
: Anne Lacaton 1955 & Jean Philippe Vassal 1954
La démarche d’Anne Lacaton et de Jean Philippe Vassal s’affirme
comme une réflexion et une recherche sur l’économie
de l’architecture, à travers aussi des réalisations
à moindre coût. Ils terminent actuellement la transformation
du Palais de Tokyo, à Paris, en centre d’art contemporain.
La maison construite au Cap-Ferret en 1998 incorpore la végétation
qui lui préexistait, devenant ainsi elle-même paysage. Les
dispositifs constructifs participent toujours de la construction esthétique
de la maison, conçue comme une interface flexible avec son environnement
dans toutes ses données : climatiques, visuelles, économiques,
etc. C’est ainsi que les pins traversent la maison dans des réservations,
et font de son espace intérieur un paysage, une nature incorporée.
Identités
: Dominique Jakob 1966 + Brendan MacFarlane 1961
Auteurs notamment de l’aménagement du restaurant du Centre
Pompidou à Paris, où le sol se soulève pour susciter
des formes fluides et enveloppantes, ainsi que du théâtre
Maxime Gorki au Petit-Quevilly, ils témoignent dans chacun de leurs
projets d’un intérêt extrême pour le site où
ils interviennent. A ce titre, le projet de la " Maison Puzzle "
en 1996 marque une étape dans leur réflexion.
Dans la "Maison Puzzle", la maison n’est plus qu’un
patio creusé dans le sol et une surface commune de gazon, découpée
par des routes qui sont elles-mêmes devenues la façade de
la maison, décomposée en autant de pièces de puzzle.
A travers ses plis et déplis à l’intérieur
du paysage, la maison puzzle a retourné comme une peau espace privé
et public, intérieur et extérieur.
Contact Presse : Gera Buikema
Alliance Française
31 (0)10-436 04 21
fax 31 (0)10-436 00 88
E mail : afrotterdam@compuserve.com
|