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François Dallegret

©François Lauginie

  • Super-Coupé de Long-Week-End, 1927, 1965
  • Dessin
  • 1/6
  • Dessin au trait sur film translucide et texte sur acétate transparent
  • 38 x 101.5 cm
  • 005 12 04

A Home Is Not a House, 1965

C’est pour l’article de Reyner Banham intitulé « A Home Is Not A House » que François Dallegret réalise six dessins « architecturaux », tracés à l’encre indienne sur un film translucide et complétés par des textes. Dans cet article publié dans la revue Art in America en avril 1965, le critique d’architecture et théoricien des mégastructures et du pop art, Reyner Banham, s’attaque à la maison américaine. Il reproche aux Américains de penser leur habitat comme une « coquille creuse » ne les protégeant pas efficacement du froid et de la chaleur, ce qui les conduit « à pomper plus de chaleur, de lumière et d’énergie dans leurs demeures que ne le font les autres peuples », et propose de développer une « machinerie environnementale ». Dallegret dresse dans le dessin Anatomy of a Dwelling le portrait de cette dérive américaine avec la représentation d’une maison réduite à un immense réseau de tuyaux et câbles, plomberie géante déployée entre le ciel (avec une antenne télévision) et la terre (une fosse septique). Le texte le décrit comme un « ensemble baroque de gadgets domestiques », qui pourrait prendre le dessus sur le foyer si les « services mécaniques continuaient à s’accumuler ». Dans le dessin Un-house.Transportable standard-of-living package, Dallegret propose un contre-projet d’équipement transportable pouvant être abrité sous une bulle en gonflable, et conçu en résonance avec l’environnement (avec, par exemple, des capteurs solaires). Représentés nus et assis par terre autour d’un équipement qui ressemble à un robot-totem, Banham et Dallegret semblent défendre une architecture d’habitat qui serait à la fois hippie et ultratechnologique. L’habitat rejoint ici la dimension environnementale de l’espace défendue alors par Reyner Banham pour qui l’architecture devait « disparaître dans la technologie environnementale » (The Architecture of the Well-Tempered Environment, 1969). Les théories de Reyner Banham inspirent aujourd’hui les recherches de nombreux architectes sur l’interaction entre l’architecture et son environnement à travers les technologies numériques.

Inventaire / diaporama [6]