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Coop Himmelb(l)au

©François Lauginie

  • Villa Rosa, 1968
  • Dessin
  • Crayon graphite sur papier
  • 21 x 29.7 cm
  • 999 05 02 b

Villa Rosa, 1966-1970

Dans les années 1960, la recherche de nouvelles formes pour l’architecture et de nouveaux modes d’habiter se concrétise dans des architectures gonflables. Influencés par l’actionnisme viennois, Coop Himmelb(l)au ou encore Haus-Rucker-Co réalisent de nombreuses performances urbaines, dont Villa Rosa, à la fois performance et prototype. Premier projet de Coop Himmelb(l)au présenté au congrès UIA à Vienne en 1968, Villa Rosa exalte les possibilités des techniques modernes et exprime la quête d’un cadre de vie nouveau, marqué par les vols spatiaux habités. Le propos de Coop Himmelb(l)au y est cependant plus comportemental et psychologique que technique ou programmatique. « Notre architecture n’a pas de plan physique, mais un plan psychique. Il n’y a plus de murs. Nos espaces sont des ballons palpitants. Notre pouls devient l’espace, et notre visage la façade de l’immeuble » déclarent les architectes. Villa Rosa fut ainsi réalisée sous la forme d’un prototype d’unité d’habitation gonflable qui servit de cadre à des performances. La densité de l’air permet d’y moduler les espaces individualisés – huit bulles en plastique PVC au total, d’en modifier les volumes qui s’accompagnent de sons – couleurs et parfums variables, pour une expérience sensorielle engageant le corps dans sa globalité. Dans Villa Rosa, les personnages portent des casques, à la fois habitat et extension prothétique du cerveau. Fascinés par les espaces mouvants et variables, les concepteurs recourent à des dispositifs qui stimulent l’imaginaire et la réactivité du corps. L’architecture n’existe plus ainsi en tant que forme mais est devenue un dispositif technologique, un environnement psychosensoriel. Ici en effet, le seul matériau est l’air. 

Nadine Labedade

Inventaire / diaporama [29]