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Riccardo Dalisi

©François Lauginie

  • Dessin d'enfant (géométrie générative), 1970-1973
  • Dessin de Luigi Vetrei
  • Dessin
  • Feutre sur papier
  • 19 x 24.6 cm
  • 011 040 003

Tecnica povera, Ateliers de rue, Quartier Traiano, 1970-1974

Au début des années 1970, Riccardo Dalisi mène avec des enfants du quartier populaire Traiano de Naples une série d’« ateliers » dans la rue, mettant en pratique des processus d’élaborations précaires du territoire à travers une « technique pauvre » (tecnica povera). « Dalisi réalise des expériences de didactique spontanée de groupe, en donnant aux enfants de Naples des structures à assembler pour construire des objets et des espaces » (A. Branzi). Influencé par la grammaire générative de Chomsky, Dalisi met au point une maïeutique fondée sur les principes d’une « géométrie générative » qu’il inscrit dans un engagement social et politique (« Tecnica povera in rivolta », Casabella, 1972). L’architecture est définie comme « expérience de l’espace », dans une crise de l’objet où seuls l’usage et l’appropriation importent. Dalisi distribue aux enfants des maquettes réalisées par ses étudiants de la faculté d’architecture à partir de matériaux pauvres, dont certaines illustrent des principes de comportement structurel de compression ou de traction. L’architecte raconte qu’à la question des enfants : « Qu’est-ce que c’est ? », il répondait : « C’est ce que vous voulez », laissant libre le « champ de l’association imaginative ». Instrument de participation, la maquette devient ainsi l’outil d’une « architecture de l’imprévisibilité », d’une économie du « désordre créatif » ancrée dans le vécu. Ces expérimentations spatiales incarneraient ainsi la quintessence de l’architecture radicale comme « architecture de la relation », entre l’individu et le collectif, entre l’objet et son environnement culturel, dans lequel théorie et praxis sont indissociables. Global Tools, contre-école d’architecture et de design fondée à Florence en 1973, prolongera cette idée d’une créativité collective, repositionnant l’architecture dans sa dimension anthropologique de réappropriation de l’environnement sociopolitique.

Inventaire / diaporama [21]