Superstudio

Moglie di Lot, 1978-2014

Présentée pour la première fois en 1978 à la Biennale de Venise, La moglie di Lot évoque le destin tragique de l’architecture. Le titre de l’oeuvre reprend la figure biblique de la femme de Loth, elle-même transformée en statue de sel pour avoir désobéi en jetant un dernier regard sur la ville de Sodome. Disposées sur une table en métal, cinq petites maquettes de sel matérialisent autant d’archétypes de l’histoire de l’architecture. L’eau qui coule lentement depuis la structure métallique supérieure dissout progressivement et successivement chacune des maquettes jusqu’à provoquer leur disparition totale.

"L’architecture de l’histoire ne montre dans le temps que son aspect symbolique ; le temps d’érosion de la phase fonctionnelle est extrêmement réduit par rapport à celui de la phase symbolique. L’architecture de l’histoire est une architecture de symboles et de représentations, dont la fonction d’usage est contingente et périssable. D’autre part, l’architecture peut retrouver un usage – dans des délais et des conditions que son concepteur ne peut pas prévoir – grâce à ses habitants. L’architecte a choisi d’exprimer la fonction symbolique de l’architecture, alors que seuls ses habitants peuvent réellement projeter sa fonction d’habitation. Ceux qui veulent construire regardent autour et devant eux : ainsi ils laissent quand même derrière eux les architectes transformés en statues de sel."

Superstudio, La moglie di Lot e La coscienza di Zeno, La Biennale di Venezia 1978 (edizione XXXVIII), Catalogue de l’exposition (autoédition), Venise, 1978

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