Superstudio

Le Dodici Città Ideali, 1971

Projet conceptuel et contestataire, les « Douze villes idéales » forment une série de « contre-utopies à vocation cathartique » : chacun des 12 contes décrit par un récit accompagné de dessins et collages, la physionomie d’une ville en extrapolant les concepts de l’urbanisme moderne (« zoning » ; « industrialisation » ; « besoin des usagers » ; « cellules d’habitat »...). L’horreur des visions qui en résulte doit éveiller chacun à la conscience de l’aliénation et de l’absurdité du monde. Ainsi la première ville (dénommée « Ville 2000 tonnes » parce qu’un lourd plafond s’abat sur les rebelles du système) consiste en un découpage du territoire en vastes carrés de nature par d’étroits murs-lames contenant les cellules individuelles de 2,25 m de côtés. Contemporain de la parution des Villes invisibles d’Italo Calvino, ce projet radical porte un nouveau coup à l’urbanisme, ainsi démystifié et profondément ébranlé dans ses certitudes.

Aurélien Vernant

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