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La ville du Globe captif

©Olivier Martin-Gambier

La ville du Globe captif, 1972

OMA
(Rem Koolhaas)
  • Architectes

Agence internationale aujourd’hui dirigée par sept partenaires, OMA (initialement Office for Metropolitan Architecture) reste, malgré les transformations qu’elle a connues depuis 1975, indissociable de la figure de son fondateur Rem Koolhaas. Son premier ouvrage, Delirious New York, A Retroactive Manifesto for Manhattan (1978), en partie réalisé avec Madelon Vriesendorp, Zoe et Elia Zenghelis, contient en effet certaines des idées qui caractérisent toujours le travail d’OMA. Par une analyse pointue et audacieuse de l’invention de Manhattan au début du XXe siècle, Koolhaas désigne l’architecture et l’urbanisme comme réceptacles mais surtout catalyseurs d’usages nouveaux et d’une culture métropolitaine contemporaine. Dès ses premiers projets, l’agence explore ainsi des dispositifs spatiaux et architecturaux – tels la trame, le plan incliné continu, la soustraction de volumes ou l’évolutivité des composants – susceptibles de générer des pratiques nouvelles, propres à l’époque. Cette approche, qui s’inscrit dans un refus de l’autonomie de la discipline architecturale, amène OMA à diversifier ses activités et à fonder AMO, un think tank chargé de développer un programme intellectuel indépendant de la commande mais sous-tendant l’intégralité de la production. L’agence explore ainsi des thèmes contemporains – développement durable ou architecture générique – au travers de recherches théoriques, sociologiques et historiques, d’ouvrages et d’expositions, et les réintègre dans des projets architecturaux et urbains.

Journaliste et scénariste, Rem Koolhaas (1944, Rotterdam) se tourne vers l’architecture en 1968. C’est à l’Architectural Association de Londres, où il étudie jusqu’en 1972, qu’il rencontre Vriesendorp, Zoe et Elia Zenghelis. Ensemble, ils réalisent Exodus ou les prisonniers volontaires de l’architecture, variation dystopique sur les dérives de l’architecture idéologique, et fondent OMA, en 1975. Les premiers projets contribuent à établir la notoriété critique de l’agence. Ceux non construits, tels la prison panoptique de Koepel (1980), le Parc de la Villette (Paris, 1982), les librairies universitaires de Jussieu (Paris, 1993) ou le siège d’Universal (Los Angeles, 1996) s’accompagnent de réalisations emblématiques comme la Villa dall’Ava (St. Cloud, 1991), la Kunsthal (Rotterdam, 1992), la Maison à Bordeaux (1998) et Euralille, plan pour un renouveau urbain de Lille fondé sur la mobilité (1989-94). Les années 2000 sont marquées par un nombre important de réalisations – parmi lesquelles l’Ambassade des Pays-Bas à Berlin (2003), la Casa da Musica (Porto, 2005), le Dee and Charles Wyly Theater (Dallas, 2009) et le siège londonien de la Banque Rothschild (livraison début 2012) –, et le succès international de l’agence qui se tourne très tôt vers les marchés émergents, notamment le Moyen Orient et la Chine, où l’agence termine actuellement le CCTV, siège de la télévision nationale. OMA se distingue également pour ses nombreuses publications, S,M,L,XL (1995) ou Content (2003), et expositions, dont OMA / Progress en 2011. Rem Koolhaas a été lauréat du Pritzker Price en 2000 et du prix Mies van der Rohe en 2005.

Emmanuelle Chiappone-Piriou