Recherche avancée
L'hypothèse d'une certaine interprétation

©Courtesy Stéphanie Nava

L'hypothèse d'une certaine interprétation, 2001

Stéphanie Nava
  • Artiste (1973)

Stéphanie Nava s’intéresse aux espaces de flux, de relations – comme la ville – et à leurs mécanismes, dans une production hybride qui relève, selon les cas, du dessin, de la photographie, de la sculpture et du mobilier ou de la gravure. Concédant une grande place à l’idée d’échange et aux mots – unités minimales de sens du langage, dans un travail résolument plastique, Stéphanie Nava réalise parfois des œuvres à partir de l’étymologie ou de la puissance de résonance et d’évocation personnelle de certains mots et de certaines phrases. « Il m'importe de questionner les liens actifs entre différents modes d'être, de trouver comment se déploient les ponts, d'interroger les postures, les constructions qui organisent les connexions et les espaces dans lesquels elles prennent place » écrit l'artiste. La question de la ville l'intéresse particulièrement dans son fonctionnement, ses événements, ses tensions. Lieu commun (fondazione e legatura) (2007) en exprime notamment la congestion. Sur un plateau à la stabilité apparemment précaire, des constructions amalgamées et maintenues par une bande de caoutchouc exposent quant à elles leur rigueur géométrique et leur netteté immaculée. Mais la tension du lien qui les unit laisse présager un éclatement potentiel et fatal de la ville. Repressed Spaces (2010), meuble en bois surmonté de 10 dessins encadrés, oppose des schémas d'espaces ordonnés à des graphismes de corps en mouvement, laissant supposer l'incompatibilité de leur coexistence. L'habitable, l'inhabitable, la communauté, les sphères publique et domestique, les résistances qui se tissent au sein d'un territoire sont interrogés au travers de multiples registres, social, économique et politique.

Stéphanie Nava travaille à Marseille et à Londres. En 2005, elle a obtenu une résidence Hors les Murs de la Villa Médicis à Londres. L’artiste expose régulièrement en France (Maroquinerie, Institut d’Art Contemporain, 2004 ; Centre de Création Contemporaine, Tours, 2005 ; Ferme du Buisson, Noisiel, 2008 ; La Box, Bourges, 2010) et à l’étranger (Göteborgs Konstmuseum, Göteborg, 2006 ; Santralistanbul, Istanbul, 2009 ; Museum of Contemporary Art, Detroit, 2011).