Recherche avancée
Babi Yar Memorial

©François Lauginie

Babi Yar Memorial, 2010-2012

Kokkugia
(Roland Snooks, Robert Stuart-Smith)
  • Architectes

L’agence Kokkugia est fondée comme une plate-forme de recherche en 2004 par Roland Snooks, Rob Stuart-Smith et Jono Podborsek, tous trois diplômés du RMIT (Melbourne). Les deux premiers membres continuent d’exercer entre New York, Londres et Melbourne, où ils mènent en parallèle une carrière académique (à UPenn, Columbia ou au RMIT pour Snooks et à l’Architectural Association pour Stuart-Smith) et de conseil. Les notions de complexité et d’émergence sont au cœur de leur recherche, qui se fonde sur l’exploration des comportements matériels et des formes d’intelligence collective, dans une visée architecturale. Si ces préoccupations naissent de l’analyse du caractère spontané de l’occupation des espaces urbains, elles deviennent rapidement une véritable méthodologie de conception, comme le montrent les Agent Drawings (2009–2012). Cette série d’études proto-architecturales, que Kokkugia considère comme des « provocations », est une exploration par le dessin de l’hétérogénéité globale et des qualités graphiques et spatiales résultant des interactions locales d’agents – qu’il s’agissent de points, d’éléments à la géométrie spécifique ou de lignes. Périodicité, épaisseur, asymétrie et ruptures (catastrophes) sont autant de variables qui émergent à la micro-échelle et déterminent une nouvelle tectonique, brouillant les rapports hiérarchiques classiques. Ainsi, les études de tours Fibrous Tower I et II (2008), concentrent structure, ornement et connections en un exosquelette fibreux. La couverture du Air Baltic Terminal de Riga (2010, avec Buro Harrolp) est elle soutenue par une structure nervurée qui, maîtrisée mais non optimisée, caractérise l’espace par un excès de matière. Experts dans le maniement des outils numériques et partageant l’approche open source, les architectes n’en développent pas moins une critique de l’objectivisme généralement associé auxdits outils. Kokkugia défend le retour à la non-linéarité de la conception et une computation désordonnée, qui mêle procédures d’auto-organisation (système émergent), maîtrise des résultats (approche descendante) et intentions subjectives, architecturales et esthétiques, comme pour les projets du Yeosu Pavilion (2010, avec Tom Wiscombe), du Busan Opera (2010) ou du Taipei Performing Arts Center (2008).