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Ville spatiale

©Philippe Magnon

Ville spatiale, 1959-1960

Yona Friedman
  • Architecte (1923)

Depuis le début des années 1950, les recherches de Yona Friedman interrogent l’architecture dans son rapport aux autres champs de la culture humaine, tels que les sciences (physique et biologie), l'organisation sociale (l'économie, les structures de groupe) et les arts (l'auto-expression sous toutes ses formes). En 1958, dans un contexte d’urbanisation effrénée et de mutation économique, sociale et culturelle, Friedman publie L'Architecture mobile. La mobilité n’est pas celle du bâtiment, mais celle de l'usager auquel une liberté nouvelle est donnée. L'architecture mobile est donc l’ « habitat décidé par l'habitant » à travers des « infrastructures non déterminées et non déterminantes ». Au concept d’autoconstruction, Friedman préfèrera celui d’autoplanification (Usine Dubonnet, 1975 ; Lycée Bergson, Angers, 1979) : l’usager conçoit lui-même son environnement bâti, base même d'une approche libératoire de l'architecture, ouverte et disponible aux interventions de chacun. Ses Propositions africaines prônent la combinaison de techniques de constructions locales avec une infrastructure moderne et seront mises en application dans les années 1970 dans des pays en voie de développement. Projet manifeste et iconique, la Ville spatiale devra permettre de créer ce nouvel espace social, cette nouvelle harmonie entre les hommes et leur cadre de vie.

Après des études à Budapest puis à Haïfa, Yona Friedman entreprend une première expérience de conception de logements par l'habitant (Haïfa, 1954). En 1956, il expose lors du Xe Congrès International d'Architecture Moderne les principes d'une architecture modulable et autoplannifiée, assurant la « mobilité sociale ». En 1958, il s’installe en France et fonde le Groupe d'Études d'Architecture Mobile (1958-62). Il réalise en 1987 le Museum of Simple Technology (Madras, Inde) selon des principes d’autoconstruction. Reconnu internationalement (Exposition rétrospective au NAI, Rotterdam, 1999 ; Documenta XI, 2002), Yona Friedman est aujourd’hui l’objet d’un vif intérêt de la part du monde artistique (Biennale de Venise 2003 et 2009 ; Musée des beaux-arts et CAPC, Bordeaux, 2008).