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GEOtube Tower

©François Lauginie

GEOtube Tower, 2009-2012

Thom Faulders
  • Architecte (1975)
faulders-studio.com

Thom Faulders (1975) débute sa carrière chez Cristiano Toraldo di Francia, fondateur du groupe radical Superstudio, avant de fonder l’agence Faulders Studio en 1998. Il y développe une approche phénoménologique au sein de laquelle l’architecture cesse d’être considérée comme un objet pour devenir une condition. Projets construits, installations et propositions théoriques s’abstraient de toute préconception spatiale ou géométrique pour se constituer comme des environnements dynamiques, pris dans un processus d’évolution constante et dicté par la relation de l’architecture à l’observateur et à son contexte élargi. Faulders exploite ainsi des systèmes de modélisation paramétrique en vue d’intégrer au sein d’un même champ des données fonctionnelles, structurelles, géométriques, haptiques ou visuelles. L’architecture ainsi générée se fait le lieu d’une perception renouvelée, comme dans les projets tels MOCA@LBC (2004) ou Flow-Zone (2012), dont la forme est fonction du déplacement de l’observateur et semble dès lors insaisissable. La structure praticable BAMscape (2010-2012) autorise quant à elle l’émergence de pratiques nouvelles dans ce qui apparaît comme un champ d’intensité abstrait. Cette recherche se double d’une expérimentation des techniques de fabrication digitale et des matériaux innovants, comme c’est le cas pour l’installation Mute Room (« Rooms for Listening », CCA Wattis Institute, 2000), qui joue des propriétés de la mousse à mémoire de forme pour générer un environnement sonore particulier. La maîtrise matérielle et géométrique et, plus particulièrement, la génération de motifs sont pour Faulders des modes de contrôle de ce qui s’apparente à un environnement architecturé. La façade métallique qu’il conçoit pour l’immeuble mixte Airspace Tokyo (2007, avec Studio M et Proces2) est ainsi découpée selon un motif biomorphique, paramétré pour apporter de façon différenciée intimité, vues et lumière aux multiples programmes qu’elle abrite. Les deux écrans qui constituent cette peau recréent artificiellement les qualités atmosphériques que générait auparavant la végétation qui encerclait la parcelle. L’enseignement est partie prenante de la pratique de Faulders (California College of the Art), qui a reçu l’Emerging Architect Award de l’Architectural League de New York, ainsi que l’Experimental Design Award (2001), attribué par le SFMoMA.

Emmanuelle Chiappone-Piriou