Recherche avancée

Günther Domenig & Eilfried Huth

©François Lauginie

  • Medium Total, 1969-1970
  • Maquette
  • Plastique, métal, caoutchouc, textile
  • 45 x 45 x 45 cm
  • 000 01 37

Medium Total, 1969-1970

Dans cette installation présentée à la Galerie Nächst St. Stephan de Vienne en 1970, et qu’ils qualifient de « projet utopique », Huth et Domenig empruntent à la théorie cybernétique et transforment l’architecture en organisme biologique mutant. Habité par les « suprahominidés du futur », Medium Total est une membrane cellulaire qui s’adapte à son environnement, en se modifiant et en évoluant : il s’étend ou se réduit, se densifie ou s’étiole, parfois jusqu’à la formation de nouvelles colonies autonomes. Medium Total fonctionne comme un réseau parcouru de multiples flux d’informations : chaque « cellule » agit et réagit en fonction des interactions entretenues localement ou globalement avec la matrice, qui traite en retour chaque information afin de s’autoréguler. Plus les « cellules » seront actives, et plus Medium Total se développera. Avec cette proposition « biotechnologique », Huth et Domenig imaginent l’avenir que Medium Total réserve à l’humanité. La destruction de la Terre obligera Medium Total à émigrer dans l’espace sous la forme de sous-systèmes qui se constitueront en « corps célestes extraterrestres ». Une fois le système d’énergie solaire de nouveau stabilisé, des « clusters Medium Total » reviendront satelliser la terre, puis coloniseront les océans. Naîtront alors des « nova-supra-hominidés », qui se répandront sur la terre ferme sous forme de tribus, entraînant de nouvelles frictions, de nouvelles émulations, de nouvelles guerres. Huth et Domenig : « La troisième partie de l’histoire des hominidés peut commencer avec le souvenir infiniment lointain de la naissance du rédempteur et la reconnaissance ‘medium total’ de l’irrémédiable ! ». Les panneaux de l’installation montrent la colonisation de la Lune et de Mars. Sur Terre, Medium Total agit comme un cataplasme, un baume recouvrant des territoires menacés de destruction (la baie surpeuplée de Rio ; la région du Sinaï, théâtre de la guerre des six jours en 1967) ou réputés extrême (une montagne). Huth et Domenig offrent ainsi une vision à la fois ironique et utopique – entre invasion bactériologique et pansement thérapeutique – du contexte sociopolitique de l’époque, marqué par la guerre froide et la peur de la surpopulation.

Inventaire / diaporama [11]