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Günther Domenig & Eilfried Huth
  • Architectes

Représentants majeurs de l’architecture radicale autrichienne qui émerge au début des années 1960, Eilfried Huth et Günther Domenig sont les concepteurs d’une œuvre riche et originale qui marque une rupture fondamentale avec le fonctionnalisme ambiant. Leurs projets expérimentaux actent ainsi une mutation décisive en se donnant non pas comme des objets figés, mais comme des  environnements évolutifs. Leurs premiers projets explorent, comme ceux de Coop Himmelb(l)au et de Haus-Rucker-Co, les potentialités du gonflable (Trigon, 1967). Ils conçoivent ensuite plusieurs projets précurseurs, depuis la mégastructure Stadt Ragnitz (1969) jusqu’à « l’architecture verte » (Floraskin, 1971). Les architectes se réfèrent alors aux théories de l’information les plus avant-gardistes de l’époque, dont la cybernétique : prenant souvent la forme de mégastructure, leur architecture s’envisage comme une multitude d’interactions entre différents niveaux d’organisation qui échangent des informations au sein d’un système global et dont Medium Total (1969-70), véritable organisme vivant, sera entre autres l’expression. Leur esthétique biomorphique, qui emprunte à l’imagerie médicale sa représentation des flux, renoue avec l’aspect communicationnel de la physiologie et annonce dans une certaine mesure les recherches de l’architecture computationnelle.

Günther Domenig (1934-2012), diplômé en 1959, et Eilfried Huth (1930), diplômé en 1956, étudient tous deux à la Technische Hochschule de Graz. Entre 1963 et 1973, ils élaborent ensemble des projets parmi les plus radicaux en Autriche. Lauréats de nombreux prix, ils construisent la Pädagogische Akademie der Diözese Graz-Seckau (Graz-Eggenberg, 1964-69) ou le Pavilion Olympics (Swimming Hall) (Münich, 1970-72). Ils participent à de nombreuses expositions historiques (Urban Fiction, Vienne, 1966-1967, de Günther Feuerstein) ou rétrospectives (Visionen der Moderne, Deutsches Architekturmuseum, Francfort, 1986). Après leur séparation, Günther Domenig transformera de 1986 jusqu’à sa disparition en 2012 sa propre maison, imbrication de « rochers » de métal basculés les uns sur les autres, en un organisme vivant toujours en évolution (Steinhaus ou « Maison de pierre »).