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Pavillon témoin

©Olivier-Martin Gambier

Pavillon témoin, 1990

Bernard Calet
  • Artiste (1958)

L'œuvre de Bernard Calet est empreinte d’architecture à la fois comme référence et comme support de travail, aussi bien dans sa dimension spatiale que politique et sociale. Ses installations qui mêlent sculpture, photographie, vidéo, lumière des néons ou son, s'élaborent à partir de formes architecturées archétypales extraites de leur contexte et mises en situation dans des lieux d'art ou des espaces publics pour en repenser le rôle et la perception que nous en avons. En 1998, avec Maison TV présentée au Centre d’Art d’Ivry-sur-Seine, il propose un dispositif de deux « maisons » traversées de téléviseurs couleur diffusant de manière ininterrompue les programmes en cours. La lumière fluorescente presque aveuglante, les confrontations d'échelle entre divers objets, l'idée de mobilité et de circulation, la présence de l'image diffusée se retrouvent de manière récurrente dans de nombreuses œuvres de l'artiste : Construction mobile, 1997, présentée plusieurs fois selon des configurations différentes ; Fluo, 2003 ; Movie Land, 2003 ; Maisons-Fluos, 2007/08 ; Maisons-Extension, 2009. Elles permettent à Calet, parfois avec une violence sourde, d'interroger les relations entre dedans et dehors, entre public et privé. Avec Hybride (1997), une vidéo dans laquelle une maquette de mobil-home se greffe à un pavillon-témoin, l'artiste repense la fixité du « home » contemporain, questionnement que l'on retrouve avec l'exposition Translation, pour laquelle il réalise trois œuvres qui réfèrent aussi au déplacement, à l'encombrement, à l'expérience de l'isolement : Dé/ménage/ment présente, comme dans un entrepôt, le bloc formé par le contenu d'un camion de 80 m³ après chargement du mobilier d'un appartement, figure d'un « home » en transit avant nouvel ancrage. One to one, une énorme enseigne/mot pénétrable, décline à son tour la figure du déplacement et de l'isolement du corps dans l'espace.

Né à Charenton, Bernard Calet vit et travaille à Tours. En 1997, il est lauréat ex-æquo avec Tania Mouraud de la XIème bourse d’art monumental d’Ivry-sur-Seine. Depuis 2002, il participe au groupe d’étude « Maison, Jardin, Lotissement, logique d’acteurs et processus de projets » mis en place par l’Université d’Angers et l'École des Beaux-Arts d’Angers, où il est professeur. Outre des œuvres indépendantes, il réalise plusieurs commandes publiques, comme Géographie commune (2002) à Ivry-sur-Seine, Tapis (2003) à Alençon ou Ilôt à Tours (2004-2005). En 2003, l’ensemble de son travail a fait l’objet d’une publication (Archibooks).

Nadine Labedade