Nos années de solitude

Biennale d'Architecture d'Orléans #2

PROCHAINEMENT

11/10/2019
19/01/2020

La vie est un hymne à la solitude.
Un désir d’éloignement, le plaisir d’être loin. Non que cela soit une nécessité, mais par une étrange et mystérieuse collision des pensées, vivre est un besoin viscéral d’une nostalgie solitaire des déséquilibres.
La solitude est une attente, une protection du monde.

Pouvoir être seul·e, voilà l’affaire du siècle.
Cette Biennale est un appel pour un archipel des solitudes.

La deuxième édition de la Biennale d'Architecture d'Orléans se veut « paysages », les paysages des solitudes à travers le monde. L’urgence est là.
C’est ainsi que nous nous sommes entourés de six commissaires associé·es à qui nous avons demandé de nous conter les récits des solitudes à travers le monde où l’architecture est encore une « promesse », peut-être impossible à tenir, pour les libertés.
La solitude d’Arquitetura Nova, invité d'honneur de la Biennale (Sérgio Ferro, Flávio Imperio et Rodrigo Lefèvre) face à la dictature brésilienne dans les années 1960 et 1970 (Des rêves vus de près), est le point d’orgue à partir duquel se dessine la deuxième édition de la Biennale. La figure de Fernand Pouillon, dans une première monographie sensible que nous lui consacrons (Mes réalisations parleront pour moi), est une autre manière de donner à voir l’engagement politique d’un architecte. Entre ces deux figures tutélaires, la rue Jeanne-d’Arc à Orléans est habillée des imaginaires radicaux d’architectes du monde arabe qui tentent de faire voler en éclat toute construction identitaire répressive (Al majhoola min al-ard). Le polyptique de la Biennale se complète, d’une part, d’une analyse sans concession du territoire mexicain suite au démantèlement des structures étatiques (From solitude to desolation). D’autre part, l’architecture dans sa pratique la plus contemporaine apparaît comme un animal mutant où les idées des créateurs de toute discipline se contaminent (The architectural beast). Une nouvelle promesse pour l’avenir ?

La Biennale d’Architecture d’Orléans s’est identifiée dès sa naissance comme une biennale de collection. Deux aspects donneront le LA de cette orientation. D’abord, l’invitation de la collection du MAXXI à Rome en dialogue avec le projet Waiting land, de Stefano de Martino et Karen Lohrmann. Puis la monographie consacrée à l’une des figures majeures de la collection du Frac, Günter Günschel (Homo faber : un récit) afin de saisir la permanence de l’architecture comme destruction / reconstruction des paysages de la nature.

Nous disions de cette Biennale qu’elle est un archipel, et comme tout archipel il y a une mer Egée qui retient ses îles. Notre « Mer Egée » sera un abécédaire de la solitude pour déconstruire cette notion, désirée et crainte, et la comprendre depuis l’œuvre de John Hejduk, à celle d’Absalon en passant par Ahmed Mater ou encore les œuvres de Driss Ouadahi, John Cage, les recherches de Bêka & Lemoine ou encore Lacaton & Vassal à qui nous avons demandé de nous révéler non pas leur œuvre mais la géographie errante de leur pensée.

Et toute la Biennale sera suspendue à Nos solitudes de Julie Nioche.

Abdelkader Damani & Luca Galofaro


Les paysages

Des rêves vus de près

Monographie consacrée à Arquitetura Nova, invité d'honneur de la Biennale, groupe d’architectes brésiliens (1961-1971),
Commissariat : Davide Sacconi

L'architecture comme animal mutant

Installation collective
Commissariat : Hernan Diaz Alonso

Homo faber : un récit

Monographie consacrée à Günter Günschel
Commissariat : Cornelia Escher

Mes réalisations parleront pour moi

Monographie consacrée à Fernand Pouillon
Commissariat : Pierre Frey

المجْهولة من الأَرض

L'étrangère sur Terre
Exposition collective
Commissariat : Nora Akawi

De la solitude à la désolation

Exposition collective
Commissariat : Frida Escobedo + iii (Luciano Concheiro et Xavier Nueno)


Architectes et artistes

Rand Abdul Jabbar, Irak
Absalon, Israël
AAU Anastas, Palestine
BairBalliet, USA
Ila Bêka et Louise Lemoine, Italie / France
Daphné Bengoa, France-Suisse
André Bloc, France
Santiago Borja, Mexique
John Cage, USA
Bertrand Cavalier, France
Nidhal Chamekh, Tunisie
Paloma Contreras Lomas, Mexique
Abraham Cruzvillegas, Mexique
Design Earth, USA
Hernan Diaz Alonso, USA-Argentine
f-architecture, USA
Miguel Fernández de Castro, Mexique
Bernard Gachet, Suisse
Griffin Enright, USA
Günter Günschel, Allemagne
Zaha Hadid, Irak-Uk
Susan Hefuna, Allemagne-Égypte
John Hejduk, USA
Anne Huffschmid et Jan-Holger Hennies, Allemagne
Damjan Jovanovic, Serbie
Alberto Kalach, Mexique
Ferda Kolatan, USA
Lacaton & Vassal, France

Karen Lohrmann et Stefano de Martino, Allemagne / Italie
Elena Manferdini, Italie
Jumana Manna, USA
Fabian Marcaccio, Italie
Chris Marker, France
Ahmed Mater, Arabie Saoudite
Lucy McRae, UK-Australie
MTL Collective, USA
Julie Nioche, France
Objectile, France
Driss Ouadahi, Algérie
P-A-T-T-E-R-N-S, USA
Florencia Pita & Co, USA
Ricardo Porro, Cuba
Fernand Pouillon, France
Casey Rehm, USA
Ruy Klein, USA
Beniamino Servino, Italie
Servo LA-Stockholm, USA-Suède
Sigil Collective, Syrie-USA
Takk, Espagne
Pascale Marthine Tayou,Cameroun
Testa & Weiser, USA
Laure Tixier et Hervé Rousseau, France
Usina_ctah, Brésil
Tom Wiscombe, USA
Ezra Wube, Éthiopie
Liam Young, Australie
Ala Younis, Koweït
Tania Ximena et Yóllotl Alvarado, Mexique


Commissariat


Directeur artistique
Abdelkader Damani

Commissaires généraux
Abdelkader Damani & Luca Galofaro

Invité d’honneur
Arquitetura Nova

Collection invitée
MAXXI - Museo nazionale delle arti del XXI secolo (Rome)

Paysages et commissaires associés
Davide Sacconi, Des rêves vus de près
Pierre Frey, Mes réalisations parleront pour moi
Nora Akawi, Al majhoola min al-ard
Frida Escobedo & iii (Luciano Concheiro et Xavier Nueno), De la solitude à la désolation
Hernan Diaz Alonso, L'architecture comme animal mutant
Cornelia Escher, Homo Faber : un récit