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François Bouillon
  • Artiste (1944)

Sculpteur, installateur et dessinateur autodidacte, François Bouillon, né en 1944 à Limoges, s'est imposé dès le début des années 1970 par une pratique artistique singulière. Evocant ses œuvres, l'artiste parle d' « instruments », indiquant par là que son travail obéit à la fois à une organisation matérielle et mentale. Jugeant la peinture insatisfaisante (il l'abandonne définitivement au début des années 1970), Bouillon crée des objets incongrus qui sont le plus souvent la résultante d'associations de matériaux souvent naturels (terre, pierre, feu) et organiques, lourds ou plus légers. Si l'artiste s'intéresse à l'ethnologie et à l'archéologie, c'est afin de faire émerger ce que notre modernité tend à ignorer, une forme de ritualité qui trouve une part de son sens dans les lents processus d'élaboration des œuvres. Bouillon, collectionneur d'art africain et océanien, s'intéresse à la « fonction » psychique des objets auquel le spectateur accèdera en abandonnant ses références habituelles. En effet, toutes ces « associations » souvent fragiles explorent un espace symbolique et poétique engendré d'une part par l'usage de matériaux rudimentaires et, d'autre part, par le caractère arbitraire de ces assemblages qui résultent davantage d'une pulsion spontanée plus que d'une démarche intellectuelle. Les voyages qu'il entreprend au Mexique et en Algérie nourrissent une pratique de la performance et de la photographie Les œuvres de Bouillon tissent en outre des réseaux de significations par glissements de sens grâce à des jeux de mots comme dans Écho-Ecco, 1984. Avec Se Ipsum Pinxit : Granada Martillande su sombre, œuvre composée d'une feuille de plomb et de 9 dessins, l'ovale central a été obtenu par martèlement en petites touches de l'ombre projetée du visage du sculpteur sur un mur en Espagne, une forme de rituel auquel sacrifie l'artiste. Les dessins à la mine de plomb aquarellés résultent quant à eux du frottage des papiers sur le plomb. Bouillon, dont les ouvres sont régulièrement exposées en Europe, enseigne également à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris.

Nadine Labedade