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La gardienne de la parole

©François Lauginie

La gardienne de la parole, 1984

Jean-Michel Alberola
  • Artiste (1953)

Né en 1953 à Saïda (Algérie), le peintre français Jean-Michel Alberola développe depuis le début des années 1980 une œuvre qui se réfère à des éléments issus pour certains du champ de l'art (références et citations littéraires, mythologiques et sociétales) et à d'autres faisant allusion à sa propre vie. Ses tableaux empruntent la plupart de leurs sujets à la mythologie et la Bible (il a peint de nombreuses crucifixions). Suzanne et les Vieillards, Diane et Actéon incarnent la réflexion que l'artiste élabore sur la picturalité, les pouvoirs de l'image et l'idée de la « fin de la peinture » : Actéon est transformé en cerf pour avoir osé regarder Diane au bain ; les vieillards épient Suzanne d'un regard voyeur. Alberola se reconnaît dans la figure d'Actéon et signe ses toiles de ces mots « Actéon pixit, Actéon fecit ». Un autre thème, celui de l'Afrique, est choisi par l'artiste pour son rapport avec la modernité – le rôle de l'art africain dans les avant-gardes au début du 20ème siècle – et pour la relation plus intime que l'artiste entretient avec ce continent où il est né. Les graphismes inspirés de tissus populaires ou de statues, tels qu'on les trouve dans La gardienne de la parole, condensent l'héritage de l'art conceptuel des années 1970 et l'influence des cultures non occidentales. Que ce soit au travers de la peinture mais aussi au travers d'autres formes d'expression telles que l'installation, la performance, la photographie, le film, le texte, la lithographie, le travail d'Alberola, associé dans les années 1980 à la Figuration libre, interroge l'œuvre d'art, son histoire et son sens. Il est régulièrement exposé dans les galeries et les centres d'art d'Europe.

Nadine Labedade