Naziha Mestaoui (1975 - 2020)

La perte d’une artiste est une lumière qui s’éteint. Le monde est toujours plus sombre après le départ des artistes ; il est plus injuste, plus insécure. Sans une artiste le monde est moins monde qu’il ne devrait être. Et il vient de l’être encore moins depuis le décès de Naziha Mestaoui.

Je l’avais rencontrée à la Biennale de Dakar en 2014, nous y avions « produit le commun ». Je l’ai retrouvée en 2015 quand j’ai pris la direction du Frac - son œuvre « Résonance » éclaire notre bâtiment jour et nuit.

Puis nous sommes partis ensemble à la première Biennale de Rabat revivre « Un instant avant le monde ». Et à nouveau pour l’exposition « ailleurs...ou plus loin » au Frac Centre-Val de Loire.

Naziha avait le don de sourire, une qualité que nous avons perdu ou, quand nous essayons de nous en rappeler, sourire nous apparaît trop loin alors nous trichons. Elle, ne trichait jamais avec ça. Elle avait une foi étrange dans ce monde, elle avait la naïveté heureuse de continuer à croire qu’avec des émotions, il est possible de repeupler la planète de sa nature, occuper les monuments historiques avec des forêts pour rêver.

Elle avait l’intelligence d’écouter l’Amazonie et ses habitant·es... et l’obsession de remonter les fleuves à la rencontre de nos origines.

Aujourd’hui je veux croire qu’un paradis existe, qu’il ressemble à la forêt amazonienne et qu’elle y est accueillie pour sourire à nouveau.

Tu manques au monde Naziha. Et je continuerai à attendre de tes nouvelles.

Abdelkader Damani